La Conférence nationale du handicap devient un rendez-vous annuel, mais pour dire quoi ?

UNAPEI – Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales – 06/01/2015 14:33:39


Principale annonce du Président de la République, la conférence nationale du handicap aura lieu tous les ans et non plus tous les trois ans … C’est dire si l’objectif manque d’ambition !

Pourtant le Président partage le constat que les personnes handicapées sont encore trop exclues de notre société : absence de reconnaissance par nos concitoyens de leur pleine citoyenneté, une cité inaccessible à près de 12 millions de personnes, lourdeur administrative pour la reconnaissance de leurs droits, le chômage qui touche deux fois plus les personnes handicapées, trop de personnes sans solution d’accompagnement.

Quelques petites annonces sont venues parsemer son discours : engagement de maintenir le rythme d’augmentation des dépenses, création d’une centaine d’unité d’enseignement à l’école, mutualisation possible des prestations de compensation, …

Sur les personnes handicapées sans solution, le Chef de l’Etat a clairement posé l’objectif qu’il n’y ait aucune famille, aucune personne sans solution d’accompagnement. L’espoir renait mais toute la question est de savoir quand et comment la République se met en situation de l’atteindre ? 13 000 enfants handicapés, 30000 adultes handicapés vieillissants et 6500 français handicapés exilés en Belgique devront encore attendre.

D’ailleurs, le Président de la République ne s’est pas exprimé sur l’évaluation des besoins des personnes handicapées, pierre angulaire de la politique du handicap. L’Unapei lui offre la solution : ObServeur, un outil de recensement des besoins réels des personnes handicapées en France et de gestion de leur parcours de santé.

En dépit de ce constat, l’Unapei regrette qu’aucune réelle impulsion nouvelle ne soit donnée, le Chef de l’Etat se contentant de formules « il faut », « on doit », « on devrait ». Pire, contrairement à son engagement, le Chef de l’Etat a passé sous silence la première source d’exclusion des personnes handicapées, leur niveau de ressources.

En outre, la réforme du financement des établissements telle qu’annoncée par le Chef de l’Etat « les financements doivent suivre la personne handicapée » fait naître de grandes inquiétudes auprès des familles et des milliers de personnes handicapées accueillies dans établissements et services déjà confrontés à de grandes difficultés financières.

Ainsi, annoncer que la CNH aura lieu tous les ans n’apporte rien lorsque sur un rythme triennal le chef de l’Etat ne répond pas aux attentes des personnes handicapées.

 

Le gouvernement compte améliorer l’accès aux soins des handicapés (Carlotti)

LE_PARISIENLe gouvernement souhaite améliorer l’accès aux soins des personnes en situation de handicap, a affirmé la ministre déléguée chargées des Personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion vendredi, lors du congrès de l’Unapei à Marseille.
Reprenant en partie à son compte le constat posé par le Livre blanc de cette fédération d’associations de familles et de proches de personnes handicapées mentales, elle a indiqué que « l’accès aux soins des handicapés sera l’un des points forts » du prochain comité interministériel du handicap.

Dans son Livre blanc, officiellement remis à la ministre, l’Unapei soulignait que les handicapés mentaux ont « deux fois et demi plus besoin de soins que la population générale », et qu’ils ont pourtant beaucoup plus de difficultés pour y accéder, qu’il s’agisse de soins liés ou non à leur handicap.
Mme Carlotti a souhaité notamment que soient améliorés « l’offre de premiers secours par la constitution d’équipes pluriprofessionnelles de proximité », « l’accessibilité des lieux de soins » et « l’accès à la prévention » individuelle et collective.
La ministre a aussi appelé de ses voeux une « sensibilisation accrue aux handicaps » lors de la formation des personnels de santé. Le Livre blanc relevait en effet que l’enseignement du handicap est « très limité durant le cursus des études médicales ».
Elle a également annoncé une amélioration de la « coordination entre le secteur sanitaire et le secteur médicosocial ».
Toutes ces pistes doivent être étudiées lors de la réunion prochaine du comité interministériel du handicap, qui regroupera « 11 ou 12 ministres », a-t-elle assuré.
Concernant l’accessibilité des handicapés à l’école, « nous avons créé en urgence 1.500 postes d’assistant de vie scolaire pour assurer la dernière rentrée », a-t-elle rappelé, tout en reconnaissant que les conditions d’emplois actuelles de ces personnes étaient « précaires, sans formation, sans qualification ».
« Nous allons proposer une professionnalisation de l’assistante de vie scolaire avec une qualification (…) Ça doit devenir un métier, parce qu’on n’accompagne pas un enfant sans qualification », a-t-elle lancé.