Une majorité des professionnels défavorable à une loi sur la contention en psychiatrie

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Paris, le jeudi 15 octobre 2015 – Plusieurs rapports ont, ces dernières années, évoqué une progression, dans les établissements français,  de l’utilisation de la contention et des mesures d’isolement en psychiatrie. Les instances européennes ont ainsi donné l’alerte dès 2012 après une visite réalisée en France à la fin 2010. Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) s’inquiétait notamment de l’absence totale d’harmonisation dans le recours à ces méthodes. Ce comité, comme quelques années plus tôt le comité des ministres du Conseil de l’Europe, recommandait la mise en place systématique d’un registre pour consigner les cas où la contention avait été mise en œuvre. Outre ces préconisations européennes, plusieurs inspections ont également été conduites par des responsables français. Elles ont également conclu à un recours parfois excessif et à l’absence de référence à des recommandations précises. Tant le député Denys Robillard que les deux contrôleurs généraux des lieux de privation de liberté qui se sont succédés ont déploré certaines pratiques et ont tenu à marteler que l’isolement et la contention ne devaient intervenir qu’en dernier recours. Le contrôleur général Adeline Hazan a notamment insisté dans son rapport d’activité 2014 sur la nécessité de toujours veiller au « respect de la dignité des personnes hospitalisées sans leur consentement », ce qui « implique de prendre en considération la manière dont le patient perçoit l’humiliation ».

Les professionnels de santé ne croient guère dans les vertus d’une loi

Ces différentes observations appellent à la mise en œuvre de solutions concrètes pour limiter le recours à l’isolement et à la contention. Mais les interrogations persistent sur la méthode à employer. Certains avaient espéré que la voie législative puisse être suivie, mais cette orientation a été abandonnée quand les amendements concernant la contention en psychiatrie déposés dans le cadre de l’examen parlementaire du projet de loi de santé ont paru vouloir reconnaître les vertus « thérapeutiques » de ces méthodes. Outre ce risque, l’encadrement législatif, nécessairement rigide et ne pouvant englober l’ensemble des situations, n’apparaît pas nécessairement le choix à privilégier.

Un sondage réalisé sur notre site du 13 septembre au 4 octobre révèle qu’une très courte majorité de professionnels de santé (48 %) se déclare défavorable à un encadrement législatif de l’utilisation de la contention en psychiatrie. Signe de la complexité du sujet, la tendance est extrêmement partagée, puisqu’ils sont 44 % à se montrer favorables à une telle évolution, tandis qu’une proportion non négligeable (8 %) juge difficile de se prononcer. Le sondage par ailleurs n’a pas obtenu une participation aussi large que les enquêtes portant sur des sujets où les prises de position sans nuance apparaissent plus faciles. On relèvera que l’opposition à un encadrement apparaît plus marquée chez les infirmières (58 %) que chez les médecins (51 %).  Cette différence s’explique sans doute en partie par le fait que ce sont les infirmières qui sont le plus souvent « contraintes » d’utiliser la contention et qu’elles répugnent sans doute d’une part à être totalement privées d’une méthode qu’elles considèrent peut-être parfois comme indispensable (parce que protectrice) et d’autre part à se sentir « surveillées » par une loi.

D’une manière générale, c’est sans doute l’incapacité de la loi à répondre à l’ensemble des situations et le refus des professionnels de se sentir entravés par des réglementations rigides qui ont influencé ces résultats.

Une prise de conscience certaine

Cependant, si un encadrement juridique ne semble pas être considéré comme la panacée, une prise de conscience et une évolution des comportements est indispensable. Or, même si certains comme Denys Robillard ont pu regretter un certain refus de la profession à engager une auto critique, l’immobilisme est loin d’avoir triomphé. A tous les niveaux, des initiatives ont vu le jour. Des travaux de recherche ont ainsi été conduits pour évaluer la souffrance des patients soumis à la contention, tels ceux de l’équipe du docteur Roland Bouet au Centre hospitalier Henri Laborit (Poitiers). Des recommandations de bonne pratique ont été rédigées, s’appuyant sur des algorithmes précis, comme au sein hôpitaux de Bordeaux. Concernant les autorités sanitaires, la Haute autorité de santé (HAS) diligentée par la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) élabore actuellement des « fiches mémo » sur ces sujets.

Enfin, des psychiatres ont récemment lancé l’alerte à travers l’élaboration d’une pétition, appelant à « plus d’hospitalité » en psychiatrie. Celle-ci a déjà recueilli 7 508 signatures. Autant d’actions qui marquent une véritable prise de conscience, même si cette question devra également faire l’objet d’une prise en compte du contexte favorisant la progression de la contention et notamment la diminution des effectifs.

 

Aurélie Haroche

 

Psychiatrie : « Mettons-nous à la place de nos patients »

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Quarantenaire humaniste et infirmier en psychiatrie, Christophe plaide pour du soin sur mesure dans des institutions encore trop souvent rigides. Alors que la sécurité est régulièrement utilisée pour justifier des pratiques infantilisantes et des privations de liberté, il invite ses collègues à plus de souplesse dans le soin psychiatrique. Et il le fait de manière originale puisqu’il cherche le dialogue à travers des récits d’expérience, centrés sur les intérêts des patients et non sur des théories abstraites.

« En tant qu’infirmier, je fais partie intégrante de l’hospitalisation du patient. Je suis responsable de la qualité du soin et de la relation que je crée. » Infirmier en psychiatrie depuis une quinzaine d’années, Christophe milite pour des services et hôpitaux à visage humain. Avec Il était une fois, en psychiatrie…, son Tumblr et sa page Facebook, il place le patient au centre de toute réflexion. « Chaque patient est unique, chaque situation est particulière et riche en émotions, explique-t-il. Il faut sortir de la psychiatrie qui traite tout le monde de la même façon. »

Aux arguments sécuritaires et juridiques, Christophe répond par une volonté d’humanisme et de souplesse dans les institutions psychiatriques. A un peu plus de 40 ans, fort de ses expériences dans différents services aux patients plus ou moins difficiles, il invite, grâce à des récits « romancés, dans lesquels j’ai mélangé les hôpitaux et les patients », tous ses « jeunes et moins jeunes collègues » à réfléchir aux protocoles et aux automatismes qui déshumanisent les services de psychiatrie.

« Humaniser ce lieu hostile »

Du bout de sa plume, avec une écriture agréable et fluide, il livre des histoires qui poussent à la réflexion, sans jamais donner de leçon. Chacun peut s’interroger. Le règlement qui exige de faire porter un pyjama vert aux patients, qui oblige à confisquer tout bijou, qui interdit de fumer la nuit même aux gros fumeurs, ne peut-il pas, parfois, bénéficier de quelques aménagements ? « Si le patient se sent agressé par des règles qui lui sont en plus inutiles, il ne voudra pas revenir. Il faut aller à sa rencontre et humaniser ce lieu hostile », plaide Christophe.

« Avec de la souplesse, on crée du lien et de la confiance, poursuit-il. Je suis convaincu qu’ainsi, il y aurait moins de rupture de soins, moins de conflits, moins de fugues et moins de contentions ! » En plein nouveau débat sur l’usage (abusif) de cette privation de liberté, Christophe rappelle qu’ « être attaché, ça rend fou » et qu’il vaut souvent mieux « prendre trente minutes pour parler avec un patient plutôt que l’attacher ». D’ailleurs, à quel moment la contention répond-elle à l’agitation ou, au contraire, la provoque-t-elle ?

Pour l’auteur de Il était une fois, en psychiatrie…, les protocoles imposés, déshumanisants, peuvent être à l’origine de certaines crises rencontrées dans les institutions et difficiles à gérer par des équipes en sous-effectif. En effet, si cet homme est agressif, c’est peut-être parce qu’on n’a pas écouté ses appels depuis plusieurs heures. Si cette femme râle, c’est peut-être parce que toutes les petites violences du quotidien de l’hospitalisation l’agressent. Les chambres doubles –voire pire –, les repas pris en réfectoire, les activités rendues obligatoires, sont autant d’éléments qui rendent la vie compliquée pour des patients qui nécessiteraient du sur-mesure.

« Être l’infirmier que j’aimerais avoir à mes côtés »

Un cadre alliant sécurité et adaptabilité permettrait probablement de changer l’image de la psychiatrie, pour sortir des clichés asilaires, et de donner envie aux malades de revenir se faire soigner lorsque ce serait nécessaire. « Je veux être l’infirmier que j’aimerais avoir à mes côtés si j’allais mal, dit très justement Christophe. Mettons-nous à la place de nos patients et demandons-nous si nous accepterions ce que nous leur imposons. »

Cliquez ci-dessous pour lire l’intégralité de l’article sur http://blogs.mediapart.fr/blog/cecilie-cordier/150915/psychiatrie-mettons-nous-la-place-de-nos-patients

La psychiatrie à domicile

La psychiatrie à domicile

Origine « Le Télégramme » Quimper

L’hospitalisation à domicile (HAD) en psychiatrie reste une alternative à l’hospitalisation méconnue des professionnels de santé et du public. L’Établissement public de santé mentale Étienne-Gourmelen la relance, après l’avoir expérimentée dès 1985.

Description et intérêts. Les règles. Au moins trois visites infirmières hebdomadaires au domicile du patient ; une consultation médicale obligatoire au centre d’accueil médico-psychologique par semaine ; chaque cas est évoqué lors d’une réunion clinique hebdomadaire ; délivrance du traitement psychotrope par la pharmacie de l’hôpital quand la prescription somatique reste du ressort du médecin généraliste.

Une contre-indication absolue. « Que le patient ne soit pas d’accord. Nous ne pratiquons aucune HAD sous la contrainte », insiste la psychiatre Annie Bléas.

Le déclenchement. « Après une évaluation clinique infirmière, la prescription de l’HAD par un psychiatre peut intervenir rapidement. Elle peut être déclenchée le jour de la consultation médicale ou le lendemain. Le traitement est aussitôt récupéré à la pharmacie de l’hôpital », décrit le cadre de santé Henry Urvoy.

La durée. La prise en charge en HAD dure, en moyenne, de deux à trois semaines, selon les professionnels de Gourmelen interrogés.

 « Il y a une prise de risque, mais maîtrisée » .

On n’est jamais sûr de ce que l’on va trouver de l’autre côté de la porte. Se pose à nous la question d’une évaluation du risque, qui doit être pointue. Elle tient beaucoup, on y revient, à ce lien de confiance entre soigné et soignant », émet l’infirmier Hervé Le Roy. « Entre ce que veut bien nous dire une personne, ce qu’on entend, le risque zéro n’existe pas. Sauf à hospitaliser la personne et la boucler. Imaginons une personne qui reçoit une mauvaise nouvelle après le passage d’un infirmier, comment va-t-elle se saisir d’une émotion ? Et puis il y a des choses qui peuvent nous échapper sur la gravité d’une situation », exprime la cadre de santé Marie Sanzay. « Il y a une prise de risque, mais c’est tout de même un risque maîtrisé, car on a des professionnels aguerris en ambulatoire », relativise Henry Urvoy, l’autre cadre de santé interrogé. « On n’a jamais rencontré de passage à l’acte en HAD. Et puis chaque patient peut avoir un professionnel au bout du fil 24 h/24 », indique la psychiatre Annie Bléas. « Mais, c’est vrai, on peut être un peu inquiet parfois quand on trouve des patients avec des pathologies dépressives très graves ou des personnes extrêmement dissociées. Dans ces cas-là, il faut sécuriser et donc hospitaliser », ajoute aussitôt la spécialiste.

Articulation avec les autres intervenants au domicile. « On s’est donné l’obligation de prévenir les médecins traitants. Il y a aussi une dimension technique, la coordination entre les traitements psychotropes prescrits par un psychiatre de l’hôpital et les traitements somatiques éventuels prescrits par le médecin généraliste du patient », décrit Annie Bléas. « Souvent les infirmiers libéraux interviennent déjà au domicile. On vient prendre notre place, ils continuent à pratiquer leurs soins. Nous échangeons beaucoup au téléphone de façon informelle sur l’état d’humeur du patient », complète l’infirmier Hervé Le Roy. « Les travailleurs sociaux sont impliqués aussi. Ils peuvent d’ailleurs constituer un renfort lors d’une HAD qui concerne, par exemple, un jeune enfant. Il y a aussi des auxiliaires de vie ». « Ils sont aussi précieux, chacun intervient à la place qui est la sienne. Ça étaye, sécurise le dispositif », note Marie Sanzay. Selon Henry Urvoy, « l’infirmière coordinatrice a aussi un rôle pédagogique à jouer auprès des autres intervenants ». « Chez un patient psychotique, par exemple, il ne peut s’agir de faire le ménage de fond en comble, il faut respecter le cadre de vie du patient. Il n’est pas question de venir faire de l’hygiénisme. Ça pourrait le perturber. Il vaut mieux améliorer, sur des petites choses, son quotidien », illustre le cadre de santé.

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/had-la-psychiatrie-a-domicile-03-06-2015-10651797.php

La consultation conjointe psychiatre-médecin de premier recours: vers un changement de paradigme dans l’approche du patient souffrant de problèmes de santé mentale?

Par SAILLANT, Stéphane Cédric,

Thèse de doctorat : Univ. Genève, 2014 – Méd. 10747 – 2014/11/27

Résumé

Les patients consultant en médecine de premier recours souffrent de problèmes de santé mentale dans 30 à 40% des cas. Les consultations conjointes menées par un psychiatre de liaison peuvent être une aide. Le but de cette étude est d’évaluer le profil des consultations conjointes et la perception qu’en ont les médecins de premier recours (MPR). Après une analyse rétrospective des rapports d’évaluation psychiatrique, une analyse qualitative a été effectuée au moyen de focus groupes, dans le but d’explorer les perceptions et vécu des MPR face aux consultations conjointes. Par un effet anxiolytique et formateur, la consultation conjointe démystifie le rôle du psychiatre et permet au MPR de s’approprier d’avantage les situations de santé mentale. La consultation conjointe permet un changement de paradigme de soins du patient suivi en médecine de premier recours, offrant au MPR en formation une approche plus intégrée des problématiques de santé mentale et somatique.

La douleur en psychiatrie : informer le patient et accompagner le soignant

Objectifs
Afin d’améliorer la prise en charge de la douleur en psychiatrie, nous nous adressons aux patients grâce à un support pédagogique et aux soignants par le biais d’un livret douleur.

Le livret « douleur en psychiatrie » a pour ambition d’aider les équipes soignantes à mieux appréhender et à soulager la douleur somatique des patients et assurer une meilleure prise en soins.

Le diaporama destiné aux patients a pour ambition de les aider à aborder la question de leur plainte douloureuse.

Une expérimentation, qui se poursuivra en 2015, à suivre en région Champagne-Ardenne…

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Soins psychiatriques sans consentement : quelles nouveautés ?

 

service public

Soins psychiatriques sans consentement : quelles nouveautés ?

Publié le 09.10.2013 – Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

La loi concernant les droits, la protection et les modalités de prise en charge des personnes recevant des soins psychiatriques a été publiée au Journal officiel du dimanche 29 septembre 2013. Elle modifie un certain nombre de dispositions issues de la loi du 5 juillet 2011.

La loi supprime le statut légal des unités pour malades difficiles, unités psychiatriques dans lesquelles la surveillance comme les mesures de sûreté particulières impliquaient un haut niveau de contrainte pour le malade. En revanche, la loi maintient un régime juridique spécifique pour les personnes pénalement irresponsables ayant commis des actes d’une particulière gravité : la sortie d’hospitalisation ne pourra intervenir qu’après étude approfondie de la situation psychiatrique de l’intéressé.

La loi renforce par ailleurs le régime juridique applicable aux soins sans consentement en améliorant le contrôle du juge des libertés et de la détention sur ces mesures. Le juge des libertés et de la détention se déplacera dans l’établissement hospitalier et statuera dans une salle d’audience attribuée au ministère de la justice, spécialement aménagée sur l’emprise de l’établissement de santé ou, en cas de nécessité, sur l’emprise d’un autre établissement de santé situé dans le ressort du tribunal de grande instance. Par ailleurs, à l’audience, la personne faisant l’objet de soins psychiatriques sera entendue, assistée ou représentée par un avocat choisi, désigné au titre de l’aide juridictionnelle ou commis d’office. Si, au vu d’un avis médical motivé, des motifs médicaux font obstacle, dans son intérêt, à son audition, la personne sera alors exclusivement représentée par un avocat. Enfin, dans le but de favoriser la guérison, la réadaptation et la réinsertion sociale des patients ou d’effectuer des démarches extérieures, la loi autorise la possibilité de sorties de courte durée (sorties accompagnées d’une durée maximale de 12 heures et sorties non accompagnées d’une durée maximale de 48 heures).

Cette loi fait suite à une décision du Conseil constitutionnel du 20 avril 2012 qui avait jugé contraires à la Constitution plusieurs dispositions du code de la santé publique relatives à l’admission des patients en unités pour malades difficiles et aux hospitalisations sans consentement des personnes pénalement irresponsables décidées par le préfet.

 

Psychiatrie: la loi sur les soins sans consentement modifiée

 

la croix

Les députés ont adopté jeudi une proposition de loi PS sur la psychiatrie qui traite notamment des irresponsables pénaux et revient sur la loi adoptée en 2011 jugée alors « sécuritaire » par l’opposition et l’ensemble des syndicats de psychiatres.

 

Ce texte, signé de Denis Robiliard (PS) et Bruno Le Roux (PS), répond à la décision du Conseil constitutionnel d’avril 2012 qui avait censuré des dispositions sur les UMD (unités pour malades difficiles) et les irresponsables pénaux issus de la loi de 2011. Celle-ci avait été annoncée juste après le meurtre d’un étudiant à Grenoble par un malade mental enfui de l’hôpital.

 

La proposition de loi PS s’inspire des travaux de la mission d’information sur la santé mentale qui a récemment rendu un rapport d’étape, a précisé M. Robiliard.

 

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a apporté le soutien du gouvernement sur ce texte, le qualifiant « de point d’étape » car la santé mentale fera partie de « la stratégie nationale de santé ».

 

Le texte adopté jeudi fait revenir dans le droit commun les « UMD », au nombre de 18 en France selon le député Gérard Sébaoun (PS). Par ailleurs, il limite le régime spécifique des irresponsables pénaux, le réservant aux personnes ayant commis des faits passibles de 5 ans de prison pour les atteintes aux personnes (des agressions sexuelles par exemple) et de 10 ans pour les atteintes aux biens.

 

Il réintroduit également les sorties courtes, dites d’essai, supprimées par la précédente loi.

 

Il prévoit aussi que les audiences avec le juge ne se tiennent pas au tribunal mais à l’hôpital, dans des salles aménagées, avec la présence d’un avocat.

 

Bernard Accoyer (UMP) a salué des « ajustements intéressants » de la loi de 2011 (comme les audiences à l’hôpital), mais a critiqué d’autres volets, craignant notamment des « UMD sauvages ». Il a voté contre le texte. L’UDI en revanche a voté pour. Jacquelyne Fraysse (FG) a salué un « texte qui va dans le bon sens » car « rompant avec la vision sécuritaire » de la loi de 2011.

 

Cette loi de 2011 avait aussi prévu l’intervention d’un juge des libertés et de la détention (JLD) au-delà de 15 jours, en cas d’hospitalisation d’office à la demande d’un tiers, comme l’imposait le Conseil constitutionnel. Le texte voté jeudi devait faire passer ce délai de 15 à 10 jours mais finalement les députés ont adopté un amendement du gouvernement fixant ce délai à 12 jours.

 

Quelque 70.000 personnes sont hospitalisées sous contraintes chaque année. Le texte doit encore être transmis au Sénat.

 

AFP