Ajouter un peu de dextrométhorphane à l’acide valproïque pour traiter la maladie bipolaire

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Les troubles bipolaires constituent une pathologie récurrente et chronique et sont caractérisés par une impulsivité accrue et une dysrégulation de l’humeur. Ils sont notamment associés à un taux élevé de suicides et une sur-utilisation des institutions psychiatriques. Même en cas de diagnostic correct, moins de 50 % des patients sont correctement traités, en particulier à cause d’une mauvaise compliance.

Plusieurs études suggèrent que des taux anormaux de cytokines pro-inflammatoires (Interleukine-8 et TNF-α) sont responsables d’une aggravation des symptômes du fait d’une inflammation chronique des neurones. Par ailleurs, Chen et coll. ont déjà montré dans des études précédentes qu’une faible dose (60 mg/jour) de dextrométhorphane, utilisé comme neuroprotecteur, réduit significativement les taux de cytokines et diminue les symptômes dus à l’abus d’opiacés et au cours de la schizophrénie.

Les auteurs ont testé sur 309 patients bipolaires la prise de 500 à 1 000 mg d’acide valproïque en ouvert (cible plasmatique entre 50 et 100 mg/L) avec du dextrométhorphane en 3 bras (placebo, 30 et 60 mg) pendant 12 semaines. Les patients ont été cotés selon les scores Hamilton Depression Rating Scale (HDRS) ou Young Mania Rating Scale (YMRS) et les concentrations de cytokines plasmatiques mesurées.

Les patients recevant 60 mg de dextrométhorphane en plus de l’acide valproïque avaient des taux de cytokines significativement moindres et leurs scores HDRS et YMRS semblaient plus favorables mais pas de manière statistiquement significative. Globalement Chen et coll concluent que l’apport de faibles doses de dextrométhorphane apporte un bénéfice thérapeutique par rapport à l’acide valproïque seul, le tout avec une très bonne tolérance.

Dr Christophe Bazin