JEUNES DE LA RUE : ACCOMPAGNER L’ERRANCE PAR LA TOLÉRANCE

JEUNES DE LA RUE : ACCOMPAGNER L’ERRANCE PAR LA TOLÉRANCE

MEMOIRE   d’ HIRIART  Anaïs                             DECESF SESSION 2014

Extrait du mémoire:

Ce mémoire fût l’occasion pour moi d’approfondir ma connaissance d’un « public » dans un premier temps, mais pas seulement. Ces recherches m’ont permis d’élargir ma pensée, de réfléchir aux contradictions de notre société (elle crée ses propres exclus), à ses défaillances et même ses aberrations, de battre en brèche certains préjugés et surtout de rencontrer des professionnels passionnés par ce qu’ils font. La posture professionnelle est une notion que nous abordons beaucoup en formation. En théorie cela paraît évident, en pratique nous comprenons vite que notre personnalité, nos convictions entrent en jeu, et chacun adapte sa posture en fonction de ce qu’il est. Faire avec l’usager, au moment où il en est : toute relation d’aide doit commencer par là. Malheureusement les professionnels sont souvent tiraillés entre les exigences d’une institution et les besoins réels des usagers : il n’est pas rare d’entendre que les moyens, les outils mis à leurs dispositions sont inadaptés, insuffisants. Les programmes d’insertion pèchent par exemple par leur rigidité et leur manque d’ouverture aux dynamiques inhabituelles, et laissent sur le bord de la route un bon nombre de jeunes (entre autres). Leur point commun : une difficulté à « être » et à « devenir ».  Le monde de la rue est un monde particulier, c’est une micro-société avec ses codes, ses principes, mais surtout ses risques. Et le principal c’est de ne pas (s’)en sortir.

Traversant divers domaines de l’action sociale mes recherches sur ce thème de la jeunesse en errance m’ont amené à diverses conclusions. En premier lieu l’insertion professionnelle n’est pas une priorité pour ces jeunes qui connaissent la rue. Les interventions du travailleur social sur ces questions sont souvent réduites à l’échec : le besoin n’est pas là. Je me suis aperçue que les addictions à l’alcool, aux drogues, sont de véritables freins à l’insertion. Pour autant, s’inscrire dans une démarche de soins n’est pas si simple, le produit remplit une fonction bien spécifique qui régit tout le quotidien de ces jeunes, il est même une condition pour supporter la rue. Que ce soit concernant l’accès à l’emploi ou au logement, le parcours est long, les démarches nombreuses et fastidieuses, et eux n’en sont pas là. L’ouverture des droits n’est souvent pas effective, les papiers sont perdus, et les besoins physiologiques ne sont parfois même pas couverts. A cela viennent s’ajouter des problèmes de santé ou judiciaires qui rendent la situation encore plus urgente. J’ai donc fait le constat que les structures chargées de l’accompagnement des jeunes dans l’ensemble de leur problématiques étaient désertées par ceux que l’on considère comme marginaux. Les associations caritatives ou humanitaires prennent alors le relais car il est nécessaire de traiter l’urgence. Les raisons de cette désertification sont diverses, mais souvent c’est l’encadrement de ces mêmes structures qui agit comme un répulsif : trop de règles, trop de conditions. C’est pourquoi les structures dites « à bas seuil d’exigence », et basées sur un accueil inconditionnel sont davantage fréquentées. Au-delà du fait que les personnes peuvent venir « comme elles sont », que le cadre de ces structures est relativement souple, j’ai pu réaliser que le fait d’associer l’usager aux décisions, au fonctionnement, à l’organisation d’une structure est très apprécié par ces jeunes. Mettre les individus en position d’acteur permet non seulement de les responsabiliser mais aussi de leur laisser une certaine liberté, une marge de manoeuvre, et surtout la possibilité de s’exprimer sur ce qui les concerne en premier lieu. Certaines formes d’accompagnement sont trop rigides et ne correspondent pas aux besoins et attentes de ces jeunes à ce moment donné de leur parcours. Voilà comment je suis parvenue à établir l’hypothèse selon laquelle la souplesse et la tolérance apportée au cadre d’une structure permet d’entrer en contact avec des individus méfiants vis-à-vis des travailleurs sociaux et qui sont très peu enclins à la soumission à quelconque autorité. Il ne s’agit pas de supprimer toutes les règles et de faire au bon vouloir de chacun, il s’agit d’inventer de nouveaux modes de fonctionnement qui laissent une place réelle à l’usager. Le non-jugement est une notion primordiale également et est un préalable à toute relation de confiance. Elle est censée aller de soi, pourtant rares sont les lieux où il est possible de parler de sa consommation ou de ses problèmes sans se sentir jugé.

Tant que nous considèrerons que c’est à eux de s’adapter aucune avancée ne sera possible. Le travail social évolue avec la société et s’adapte aux individus qui la composent. C’est pourquoi nos pratiques doivent sans cesse être remises en question et novatrices, sans quoi ceux qui ne se conforment pas au cadre seront encore et toujours des « exclus ». Pourtant, ce sont les marges qui font bouger les systèmes.

« Il ne s’agit pas de fabriquer des hommes tous conformes à un modèle, ayant appris les mêmes réponses ; mais des personnes capables de formuler de nouvelles questions ».

Albert Jacquard, le Monde Diplomatique, mai 1988 p. 19

Lien au mémoire : http://www.cemea.asso.fr/jeunes-en-errance/IMG/pdf/HIRIART-_Memoire_CESF-.pdf

Psychiatrie: les députés veulent limiter isolement et contention

Origine: La Parisienne Santé, du 8 avril 2015

L’Assemblée nationale a voté mercredi en première lecture une disposition du projet de loi Santé limitant le placement en chambre d’isolement et la contention des malades dans les hôpitaux psychiatriques.
Ces mesures, selon cet article qui avait été introduit en commission, « sont des pratiques de dernier recours », uniquement « pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision d’un psychiatre » et « pour une durée limitée ».

En outre, leur « mise en œuvre doit faire l’objet d’une surveillance stricte confiée par l’établissement à des professionnels de santé désignés à cette fin ». Un registre devra être tenu dans chaque établissement mentionnant le nom du psychiatre ayant décidé l’isolement ou la contention, et des professionnels l’ayant contrôlé.
« C’est une abomination » s’est écrié le député UMP Nicolas Dhuicq, psychiatre de profession, et vivement opposé, au nom de la liberté d’action des soignants, à cet article rédigé par le socialiste Denys Robiliard, avocat et spécialiste des questions de santé mentale.
« Il y a ceux pour lesquels psychiatrie et les enjeux de sécurité sont toujours intimement liés (…) mais la psychiatrie n’est pas un enjeu de sécurité, c’est un enjeu de santé », a lancé à l’opposition la ministre de la Santé Marisol Touraine, en présentant l’ensemble des dispositions de son projet de loi touchant l’organisation de la psychiatrie, et en particulier la coordination des soins dans un secteur géographique.
La ministre a fait voter un très long amendement réécrivant ces dispositions, pour tenir compte des travaux en commission et les mettre en cohérence avec les autres mesures du projet sur l’organisation territoriale de la santé.
Cette réécriture a mis en fureur les députés de l’opposition qui ont protesté contre cette réécriture complète d’un article via un amendement, Nicolas Dhuicq la qualifiant de « mépris du peuple et du parlement ».
A l’initiative de Denys Robiliard, l’Assemblée a modifié l’amendement gouvernemental pour maintenir l’obligation d’informer de tout placement en hôpital psychiatrique sans consentement du patient »l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle ».

 

Ces animaux qui nous font du bien

Au féminin

Nos amies les bêtes

Pour qui, par qui 

Cette forme de thérapie s’adresse à des personnes fragiles (adultes déprimés, jeunes enfants, personnes handicapées ou âgées), et donc nécessite un encadrement pointu. Les animaux reçoivent donc une éducation spécifique et sont toujours accompagnés d’un intervenant formé.

Pourquoi c’est bon
Les premières études dans les années 1980 ont montré que, d’une manière générale, être simplement en contact avec un animal était bénéfique pour la santé aussi bien physique que mentale :
> Il procure estime de soi en comblant une part de nos besoins psychologiques et émotionnels,
> en agissant sur le stress et en calmant l’anxiété, la pression artérielle diminue,
> posséder un animal permet de réduire les risque d’asthme, de rhinite et d’allergie,
> véritable catalyseur, il soulage les personnes atteintes de dépression,
> l’animal favorise la circulation de l’affection dans une famille et libère la communication,
> le promener peut sortir de l’isolement,
> il stimule la mobilité et la concentration.

Le parfait médiateur : le chien
Parmi les animaux dits « thérapeutiques », c’est le chien qui remporte la mise.
Au nombre de ses qualités, on cite sa nature obéissante, sa fidélité, sa sensibilité, sa capacité d’apprentissage et la sympathie qu’il dégage (encore mieux qu’un mari aurait-on presque envie de dire !).
Véritable antidote à la solitude, à l’anxiété et aux tensions, le chien peut être d’une aide thérapeutique précieuse en produisant des réactions psycho-affectives positives.