Les Schizophrénies

Un article très intéressant concernant un livre écrit par Raymund Schwan, Pierre-Michel Llorca, Vincent Laprévote et Ludovic Samalin trouvé sur le site : http://www.lareponsedupsy.info/Schizophrenie

Pour aller plus loin, quelques liens utiles :

L’Unafam – Union Nationale des Amis et Familles des Malades Psychiques : Elle a un objectif d’accueil, de soutien, et d’information auprès des malades et des familles confrontées aux troubles psychiques. Elle est présente dans toutes les régions et départements français. Elle propose des numéros d’appel et des écoutes gratuites et anonymes assurées par des psychologues cliniciens. Elle organise également des groupes de paroles et autres activités. ecoute-famille@unafam.org

FNAPSY – Fédération Nationale des Associations d’Usagers en Psychiatrie. Son site est intéressant parce qu’il fournit un annuaire complet des associations d’ « usagers en psychiatrie » et l’on y présente toutes les associations affiliées : http://www.fnapsy.org

http://www.agapsy.fr : L’AGAPSY est la fédération nationale des Associations Gestionnaires pour l’Accompagnement des personnes handicapées Psychiques. L’Agapsy est actuellement en train de fusionner avec un des grands autres acteurs de la santé mentale La Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine (FASM Croix-Marine). Cette fusion doit aboutir en 2015 à la création officielle de la « Fédération Nationale Santé Mentale France : Accompagner, Soigner, Entreprendre ».

les-schizophrenies.fr : un site informatif et collaboratif créé pour les personnes diagnostiquées de schizophrénie par des personnes elles-mêmes affectées par cette maladie.

synapsespoir.ch: Association suisse du Valais qui regroupe les proches et les familles de personnes souffrant d’une schizophrénie ou d’une psychose: ils proposent des activités, des programmes Profamille, ainsi que des témoignages, des conseils utiles en cas de crise, une « schizothèque » ( avec une présentation intéressante de livres et documents sur la schizophrénie)…

Quand une personne souffrant de schizophrénie nous parle de sa vie avec la maladie. A Lire: un livre du Polo Tonga, Dialogue avec moi-même.

Documentaire…

Nous avons le plaisir de vous donner rendez-vous ce dimanche (25 septembre 2016) pour découvrir le documentaire « l’engagement associatif » diffusé sur la chaîne Public Sénat à 12h et auquel nous avons eu l’honneur de participer. Un long passage est consacré aux missions de l’Unafam : accueil dans les délégations, prospect, écoute famille… une bonne occasion de faire connaître l’association au grand public.

 

Réunion générale

Jeudi 22 septembre à 18h30

Salle de conférence-débat Unafam 54

rez-de-chaussée

6 rue Chevert 54000 NANCY


  • Rapport moral de notre délégation
  • CPN et UNAFAM : « Des outils complémentaires pour l’accompagnement des familles et aidants de personne en souffrance psychique. »

Handicap psychique : les freins de l’aide à domicile !

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Résumé : Les personnes souffrant de troubles psychiques doivent pouvoir bénéficier d’une aide à domicile spécifique. Une étude publiée en juin 2016 par l’Observatoire Handéo apporte des éclaircissements sur leurs besoins en termes d’accompagnement.

Par Handicap.fr / Aimée Le Goff, le 21-07-2016

Effrayante, la schizophrénie ? Peu handicapante, la dépression chronique ? Ces affirmations alimentent encore trop de préjugés sur les troubles psychiques, véritables handicaps invisibles. Comment favoriser l’intégration sociale des personnes qui en souffrent et leur garantir un soutien de qualité ? L’Observatoire national des aides humaines, porté par Handéo, publie une étude sur les besoins d’accompagnement et les freins à un système d’intervention adapté.

Quels troubles psychiques ?

En Alsace, en Aquitaine et dans le Limousin, six services d’aide à domicile sont au centre de l’enquête. Ses auteurs entendent par « handicap psychique » tout trouble nécessitant un suivi médical régulier, mettant en cause les capacités cognitives et induisant des interactions sociales difficiles, voire un isolement total. La bipolarité, la dépression sévère et la schizophrénie figurent parmi les cas étudiés. « Les troubles du spectre autistique ou les syndromes tels qu’Alzheimer n’ont pas été pris en compte, même s’ils peuvent être associés », précise Cyril Desjeux, directeur de l’Observatoire.

Intervenir à deux

Pour Roselyne Touroude, membre du Comité d’orientation d’Handéo, les auxiliaires de vie « peuvent contribuer très efficacement à retrouver une meilleure estime de soi ainsi qu’à renforcer les liens sociaux. » Pour ces raisons, l’accompagnement est à réformer, selon le rapport. Comment ? En adaptant au mieux les formations d’aide à domicile. Les observateurs préconisent entre autres un système d’interventions en binômes : « Ce système permet de faire intervenir un aidant connu de la personne en cas de remplacement et d’éviter les situations imprévues, qui peuvent provoquer de la tension ou de l’anxiété », ajoute M. Desjeux.

Des formations plus spécifiques

L’Observatoire estime que le personnel aidant doit également avoir une connaissance aiguisée du handicap psychique afin d’éviter les mauvaises interprétations face à certains comportements. « Une fatigue extrême pourra passer pour de la paresse alors qu’il s’agira des effets secondaires d’un traitement, poursuit le directeur. Surtout, il est primordial d’écouter les envies de la personne et de stimuler ses capacités. Même si elle est en possession de toutes ses capacités physiques, elle ne veut pas forcément les utiliser. Le rôle de l’aidant est de lui redonner le goût de faire les choses. »

Un grand besoin de flexibilité

Parce que la plupart des troubles psychiques sont évolutifs, les plans d’accompagnement doivent pouvoir s’adapter en termes de volumes horaires. Cyril Desjeux juge important que ceux-ci ne soient pas figés. « Nous parlons de maladies fluctuantes. Celles-ci nécessitent un accompagnement plus ou moins intense selon les périodes, affirme-t-il. Après une hospitalisation par exemple, il faudra préparer le retour au domicile. À d’autres périodes, le plan d’aide pourra être allégé. »

La PCH trop difficile d’accès

Les résultats du rapport sont on ne peut plus clairs : formations plus spécialisées, volumes horaires flexibles, mises en pratique permettant d’apporter un réel mieux-être. Le principal frein à ce type d’accompagnement ? La reconnaissance du handicap lui-même ! « Pour obtenir la Prestation de compensation du handicap (PCH), les questions posées concernent surtout les capacités physiques et motrices d’une personne. Il est encore très difficile de prouver qu’on souffre d’un trouble psychique, qui est un handicap à part entière », regrette M. Desjeux. Le chemin de la reconnaissance reste encore long. Si les plans d’aide à domicile méritent des améliorations, le premier pas vers un réel processus de soin passe surtout par une modification du regard porté sur les troubles psychiques.

Cliquez ici : Lien direct vers l’article sur Handicap.fr

Dans le traitement de la maladie bipolaire…

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le lithium tire encore son épingle du jeu !

Les automutilations sont une cause majeure de morbidité en cas de troubles bipolaires (BPD). Le risque de suicide est aussi considérablement accru. De fait, le risque annuel de passage à l’acte est, environ, 10 fois plus élevé que dans la population générale et celui de suicide, vie entière, 15 fois plus grand. Plusieurs essais cliniques randomisés ont fait la preuve que des drogues telles que le lithium, le valproate de sodium, l’olanzapine ou le fumarate de quetiapine stabilisaient l’humeur. Une méta-analyse regroupant 48 publications a suggéré que le taux de suicide était moindre sous lithium, sans différence décelable dans le taux d’automutilations. Il existe, dans la littérature médicale, des données éparses portant sur le risque d’automutilation sous traitement antipsychotique, sans, globalement de différences notables entre olanzapine et quetiapine mais, avec, en règle, un taux de suicide plus élevé avec les antipsychotiques de deuxième génération qu’avec le lithium ou le valproate. Quant au taux de blessures involontaires dans les BPD, il a été très peu étudié. Il serait environ 6 fois plus important que celui observé dans la population générale. Plusieurs mécanismes pourraient rendre compte de la supériorité du lithium dans les conduites suicidaires : réduction du nombre de rechutes dépressives lors des BPD, effet spécifique médié par la sérotonine diminuant les comportements agressifs et à risque, nécessité d’une surveillance rapprochée pouvant servir de support psychosocial.

Etude sur plus de 14 000 patients bipolaires

Un travail récent de J F Hayes, paru dans le JAMA Psychiatry, a comparé les taux d’automutilations, de blessures involontaires et de suicides chez des patients bipolaires chez qui avait été prescrit un traitement de maintenance par lithium, valproate, olanzapine ou quetiapine.  A été pris pour base l’étude de données issues des dossiers de santé électroniques d’une partie représentative de la population du Royaume-Uni, données recueillies entre le 1er janvier 1995 et le 31 Décembre 2013. Tous les individus âgés d’au moins 16 ans, bipolaires et recevant une prescription médicamenteuse d’un des 4 médicaments pendant une durée d’au moins 28 jours ont été inclus dans une cohorte longitudinale jusqu’au 31 Décembre 2013, en dehors des patients déjà traités ou chez qui un diagnostic de schizophrénie ou de troubles schizo affectif a été porté secondairement. Le critère principal d’évaluation a porté sur le nombre d’automutilations notifiées par les services d’urgence ou les médecins généralistes durant la période d’exposition médicamenteuse et les 3 mois suivants. Etaient inclus les empoisonnements volontaires, les comportements intentionnels auto dangereux et les blessures volontaires dont l’intention restait mal précisée. Les critères secondaires ont été les blessures involontaires, telles les chutes ou les accidents d’automobile et le taux de suicide. Les auteurs du travail ont mis au point, par méthode de régression logistique multinomiale, des scores de propension (PS) ajusté et apparié avec le lithium, avec intégration de multiples covariables : âge, date de début des traitements, origine ethnique, co morbidités, alcoolisme, toxicomanie ou tabagisme, indice de masse corporelle, symptomatologie anxieuse ou dépressive…

Sur 14 396 patients avec BPD, 6 671 ont été inclus dans la cohorte prospective ; 2 148 prenaient régulièrement du lithium, 1 670 du valproate, 1 477 de l’olanzapine et 1 316 de la quetiapine. La durée des prises de médicaments variait de 28 jours à plus de 17 ans.

Les patients sous lithium étaient, dans l’ensemble, plus âgés ; ils avaient moins d’antécédents dépressifs, anxieux ou de gestes d’automutilation antérieurs. Point notable, ils n’ont pas eu, durant le suivi, plus de contacts avec leur médecin.

Moins d’automutilations sous lithium

Le taux d’automutilations rapporté en soins primaires est de 340 (intervalle de confiance, IC, à 95 % : 313- 370) pour 10 000 personnes- années de risque (PYAR). En analyse non ajustée, ce taux est réduit sous lithium, comparativement à ceux sous valproate, olanzapine ou quetiapine.  Il se situe à 205 (IC : 175- 241) /10 000 PYAR sous lithium vs 392 (IC : 334- 460) sous valproate, 409 (IC : 345- 483) sous olanzapine et 582 (IC : 489- 692) sous quetiapine.

Le taux de blessures involontaires est de 610 /10 000 PYAR (IC : 579- 650). Après calcul du PS ajusté, comparativement avec le lithium, il est plus élevé avec le valproate (Hazard Ratio [HR] : 1,32 ; IC : 1,10- 1,58), la quetiapine (HR : 1,34 ; CI : 1,07- 1,69) mais semblable pour l’olanzapine.

Le taux de suicide est de 14/10 000 PYAR (IC : 9-21) pour l’ensemble de la population étudiée. Il paraît plus bas sous lithium mais sans significativité de par le faible nombre de cas observés.

Cette étude longitudinale, à priori la plus importante de la littérature retrouve donc un taux plus élevé d’automutilations en cas de traitement par valproate, olanzapine ou quetiapine que sous lithium, sans différence significative pour les 3 premières molécules entre elles. Cette augmentation reste manifeste après PS ajusté ou apparié au lithium. Ce travail fait apparaître également une baisse du taux de blessures involontaires avec le lithium mais ne peut mettre en évidence de différence des taux de suicides, du fait du faible nombre de cas rapporté durant le suivi. Ce taux plus faible d’auto blessures volontaires pourrait être le fait d’une meilleure stabilisation de l’humeur avec le lithium, d’où une diminution des comportements agressifs et des prises de risque. Il en irait de même dans le cas des blessures involontaires.

Ce travail a des points forts mais aussi quelques limites. Il a concerné un échantillon important, national et représentatif de la population UK. Il a été basé sur des données fiables, issues de dossiers électroniques. A l’inverse, ce mode de recueil a pu laisser échapper des cas non signalés ou non traités.  Le taux de suicide observé durant le suivi a été bas, rendant difficile la mise en évidence de différences significatives entre les différentes molécules. L’exposition médicamenteuse retenue dans l’analyse a pu, peu ou prou, différer de l’usage propre qu’en faisaient les patients. Les sujets sous lithium étaient, dans l’ensemble, plus âgés. Enfin, des co variables potentiellement importantes telles que le niveau éducationnel ou socio- économique n’ont pas été prises en compte.

En conclusion, de cette étude longitudinale représentative de la population générale UK, il ressort que les malades atteints de BPD sous traitement par lithium présentent un taux plus faible d’automutilations et de blessures involontaires, comparativement à d’autres médicaments. Ces résultats confirment ceux d’études antérieures, en règle observationnelles et limitées. Ils renforcent l’hypothèse que le lithium agit favorablement en diminuant les tendances agressives, en sus de son action stabilisante sur l’humeur.

Dr Pierre Margent

Schizophrénie : la piste de l’inflammation cérébrale

Allodocteurs.fr

Une étude menée par une équipe de chercheurs français révèle que l’inflammation périphérique observée chez des patients schizophrènes est associée à un quotient intellectuel plus bas et une altération des fonctions cognitives. Des résultats qui pourraient ouvrir la voie à de nouvelles prises en charge.

 

Le rôle joué par l’inflammation cérébrale dans les maladies psychiatriques est une piste sur laquelle plusieurs équipes de chercheurs travaillent depuis plusieurs années. Un nouveau pas vient d’être franchi avec une étude française publiée dans la revue britannique Schizophrenia Bulletin. Cette étude a été menée sur le réseau des dix Centres Experts FondaMental Schizophrénie auprès de 369 patients entre 2011 et 2015. Les patients ont passé lors d’un bilan une évaluation complète de leur santé mentale et physique.

Pour mesurer l’inflammation, les chercheurs ont utilisé une analyse de sang pour détecter la protéine C réactive (CRP), un marqueur de l’inflammation. Et les résultats sont sans appel : ceux qui présentaient des taux de CRP anormalement élevés, signe d’une inflammation chronique, avaient des scores de fonctionnement intellectuel général plus bas que les autres. Et en analysant plus finement leurs fonctions cognitives, les chercheurs ont constaté des altérations globales de leurs capacités de mémoire, de concentration, d’apprentissage et de raisonnement. « Cette inflammation provient de plusieurs sources. Parmi les mieux identifiées, il y a un régime alimentaire riche en sucres et en graisses saturées, un manque d’activité physique et la consommation de tabac et de cannabis« , explique le Dr Guillaume Fond, psychiatre à l’hôpital Albert Chenevier (AP-HP) et co-auteur de l’étude.

Les altérations cognitives représentent la plus grande source de handicap pour les patients souffrant de schizophrénie. Les résultats de cette étude pourraient ouvrir de nouvelles voies pour la prise en charge de ces patients. « Pour l’instant, le traitement de référence de la schizophrénie, ce sont les antipsychotiques, des médicaments qui font diminuer la dopamine dans le cerveau. Mais on pense que si on allait directement cibler les sources de l’inflammation, on pourrait couper le mal à la racine et améliorer considérablement les soins« , estime le Dr Guillaume Fond.

Les chercheurs évoquent notamment la possibilité de prescrire aux patients schizophrènes des anti-inflammatoires, des oméga 3, de la N-acetyl-cysteine (un acide aminé antioxydant), de la vitamine D ainsi que des modifications du régime alimentaire et de l’activité physique afin d’améliorer leurs capacités cognitives.

 Par La rédaction d’Allodocteurs.fr