Les troubles psychiques : un handicap ingérable pour l’entreprise ?

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Publié le 24/06/2015

Reconnu par la Loi Handicap de 2005, le handicap psychique doit être pris en compte au cœur des organisations au même titre que les handicaps sensoriels, moteurs, physiques ou mentaux. Dix ans viennent de s’écouler. Où en sont véritablement les entreprises ? Sont-elles encore réticentes à embaucher des personnes souffrant de troubles psychiques ?

Pourquoi le maintien dans l’emploi des personnes atteintes d’un handicap psychique est-il encore perçu comme un vrai casse-tête chinois, une grosse nébuleuse ingérable ? Manque d’informations, de connaissances, d’outils, d’accompagnements ? Quelles sont les réponses possibles pour les entreprises ?

Handicaps ingérables ou mal gérés en entreprise ?

Mal gérés ! Non par manque d’envie, mais bien souvent par méconnaissance. Force est de constater que beaucoup de grands groupes sont sensibles à la problématique du handicap psychique, s’impliquent et s’investissent dans l’employabilité et le maintien dans l’emploi des personnes souffrant de troubles psychiques, mais qu’ils ne savent pas toujours bien faire.
Pourquoi ? Manque de compréhension, d’outils, aménagements inadaptés, démarches maladroites, management peu ou mal impliqué…
Même si l’entreprise dispose de bons conseils au bon moment, il est nécessaire qu’émerge et s’installe une volonté commune au sein de l’organisation visant l’amélioration de la situation, afin que la personne en situation de handicap psychique puisse être maintenue en activité. Toutes les actions d’informations, de sensibilisations, d’appuis, peuvent être déployées. Car si l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise n’est pas en phase, cela ne marchera pas.

Un engagement global est donc impératif à toutes les strates de l’entreprise : de l’organisation au référent handicap, en passant par le RH, le manager, le collectif et le salarié.

Un handicap qui englobe de nombreux troubles

Le terme de « handicap psychique » fait encore peur car il s’agit d’une notion restée longtemps taboue et véhiculant encore des fantasmes, des craintes, des peurs et des projections. Or le handicap psychique n’est pas une maladie mentale, mais la conséquence d’une maladie psychique caractérisée par une altération de la pensée, de l’humeur et du comportement, et générant des troubles psychiques.

Quand on parle handicap psychique selon la classification DSM, on évoque à la fois les troubles de l’anxiété (phobies, paniques, troubles obsessionnels compulsifs ou TOC), les troubles de la personnalité, les troubles psychotiques (schizophrénie…), mais aussi les troubles de l’humeur (états dépressifs, bipolarité), l’autisme ou encore le syndrome d’Asperger. Vue la large variété des typologies possibles, on comprend la difficulté de lecture. On ne peut fonctionner de la même façon avec une personne souffrant de troubles liés au syndrome d’Asperger qu’avec une autre présentant des troubles dépressifs.

Environ 11% de salariés à tendance dépressive

Les troubles psychiques se rencontrent dans toutes les catégories sociales, tous les secteurs d’activités, toutes les professions. Au regard des statistiques, nous avons obligatoirement dans une population de 1000 personnes, au moins 200 personnes, peu ou prou, en situation de handicap psychique.

Selon différentes enquêtes*, la proportion de personnes à tendance dépressive occupant un emploi, se situe autour de 11% (sans différence selon le sexe). Près de 18 % des personnes interrogées ont déclaré avoir vécu un épisode dépressif majeur (EDM) au cours de leur vie professionnelle. La prévalence de l’EDM chez les femmes est plus de deux fois supérieure à celle observée chez les hommes (ANADEP).

Les troubles englobant l’anxiété généralisée, l’agoraphobie, la phobie sociale, les troubles paniques et le stress post-traumatique concerneraient 17 % des hommes et 25 % des femmes. Les phobies spécifiques, très fréquentes, toucheraient de 10 à 20% de la population sur une vie entière. Les différents troubles de la personnalité représentant entre 0,5 et 3% de la population, et les TOC de 2 à 3% de la population générale.

Ces troubles ne sont pas un frein à l’employabilité et au maintien dans l’emploi si l’environnement est adapté. Là où il y a problème, c’est lorsqu’il y a chez la personne souffrant de ces troubles une décompensation entraînant la perte d’adéquation avec l’entreprise et le poste.

Des solutions pour les entreprises ?

Dans le contexte actuel de réduction des effectifs, de pression accrue sur les résultats, ce qui était jusqu’alors toléré ne l’est plus. Ce qui pouvait éventuellement passer inaperçu est maintenant cruellement visible. C’est pour cette raison que les entreprises doivent imaginer de nouvelles solutions, anticiper les décalages de performance.

Le rôle des experts externes peut s’avérer bénéfique. En effet, si les organisations sont souvent perdues face au handicap psychique, je constate que lorsqu’elles décident de faire appel à des intervenants extérieurs, elles sont extrêmement volontaires et impliquées. Lorsque des erreurs ont été commises – parfois juste par souci de bien faire de la part de l’entreprise ! – le rôle de l’expert peut être aussi de rectifier le tir et rétablir une situation devenue ingérable.

Lorsque l’entreprise sort de son champ de compétences, il peut y avoir un risque, à la fois pour le salarié et pour l’organisation. La sphère professionnelle, doit rester la sphère professionnelle ! L’entreprise, le management ne doivent en aucun cas se positionner comme éducateurs.

*Enquête multicentrique internationale « Santé mentale en population générale : images et réalités », enquête décennale santé 2002-2003 de l’INSEE et enquête Anadep sur la dépression (2005) en France.

Lien direct sur l’article sur : FOCUS R.H.

A propos de l’auteur

Pierre Manificat est Psychologue du travail et Responsable de l’accompagnement individuel au sein du Groupe JLO. Il possède une double formation en psychologie clinique et en psychologie du travail, exerce comme coach et possède une expérience dans le secteur social, en

entreprise et dans le conseil (conseil en organisation ; accompagnements individuels et collectifs ; aide au repositionnement professionnel ; coaching de prise de poste et en développement personnel.
Pierre Manificat est responsable des accompagnements individuels au sein de la société JLO Emploi (Groupe JLO) et tout particulièrement en charge des situations en lien avec le handicap psychique : diagnostic de situation, bilans professionnels, actions de sensibilisation auprès du collectif, accompagnement du manager.

« Regardez la différence avec les yeux d’un enfant »

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Et si on regardait le handicap, la différence, avec des yeux d’enfant ? C’est l’idée toute simple du clip mis en ligne par l’association de Villeneuve d’Ascq Noémi, qui lutte pour une meilleure intégration des personnes handicapées dans la société.Des adultes et des enfants ont été invités à reproduire des grimaces diffusées sur un grand écran. Assis côte-à-côte, parents et enfants s’en donnent à coeur joie jusqu’à l’apparition d’une fillette handicapée… Là, les adultes n’osent pas reproduire la grimace qu’ils voient à l’écran. Les enfants, eux, continuent comme si de rien n’était. Gêne et pudeur face à la naïveté, la tendresse, la spontanéité.

Téléréalité avec des personnes trisomiques : la Norvège ose

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Résumé : La télé norvégienne diffuse un programme de téléréalité avec 6 personnes trisomiques. Un vrai succès pour ce divertissement qui mise sur les richesses de la diversité, sans ridiculiser. A quand un tel concept en France ?

Il est de bon ton de dire « La téléréalité, c’est pas mon truc ! ». Même si les décérébrés et autres bodybuildés rassemblent des millions de téléspectateurs, personne, officiellement, ne regarde. Et que se passerait-il si ces « stars » du petit écran étaient des personnes trisomiques ? Idée déplacée, me direz-vous ! Pas vraiment puisque, en Norvège, c’est « on the air » depuis déjà cinq ans. Six personnes trisomiques sont ainsi filmées dans leur vie quotidienne. Le nom de ce programme diffusé sur TV Norge, et adapté d’une émission suédoise pionnière dès 2007, est aussi imprononçable qu’inédit : « Tangerudbakken Borettslag » ! Tangerudbakken est le nom de la rue d’Oslo où vivent les protagonistes. Quant à « borettslag », il désigne une copropriété.

Une vie « normale » !

Trois hommes, trois femmes ! Suivis par les téléspectateurs à chaque moment de la journée, au travail ou dans leurs loisirs. Autonomes, ils habitent chacun leur propre logement mais bénéficient d’assistance en cas de besoin. Ils ne se refusent aucune activité, aucun plaisir et s’initient à la poésie, montent à cheval, jouent au piano ou au foot et partent même en croisière houleuse et « thérapeutique » sur un vieux navire viking… Bénévoles d’une organisation caritative chrétienne, ils rendent visite à des personnes âgées hospitalisées ou isolées, distribuent des gâteaux aux plus démunis dans la rue et servent la soupe populaire. Pour les fêtes, dans un épisode dédié, ils ont entrepris de décorer leur maison et leur quartier. A l’occasion d’un grand concert de Noël, ils poussent la chansonnette aux côtés d’artistes norvégiens. De vrais stars locales, qui sont parfois conviées à des missions pour l’Unicef.

Cliquez-ici pour la suite de l’article sur : http://informations.handicap.fr/art-telerealite-handicap-norvege-853-7409.php

l’ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne) et la PCH (Prestation de Compensation du Handicap)

CDTHEDAux handicapés bénéficiaires de l’ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne) et aux personnes concernées

 

Plusieurs adhérents du CDTHED nous ont fait part récemment de problèmes rencontrés par les bénéficiaires del’ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne) du fait de l’attitude des services de certains Conseils généraux et de certaines MDPH (Maison Départementales des Personnes Handicapées), exemples :

• En Isère, une circulaire envoyée dans le cadre du contrôle d’effectivité indique : « Le bénéficiaire d’une ACTP au taux de 80 % doit être en mesure de justifier l’utilisation de l’intégralité du montant versé mensuellement par le Conseil général ».

• Dans le Finistère, le service juridique d’une association « représentative », visiblement influencé par la MDPH locale, déclare à l’une de nos adhérentes que : « le basculement vers la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) sera automatique à l’occasion de la demande de renouvellement ».

Or, tout ceci est parfaitement faux !

Rappelons les points essentiels de la réglementation et de la jurisprudence, toujours en vigueur :

• Tous les actuels bénéficiaires de l’ACTP ont parfaitement le droit de continuer à bénéficier de cette prestation, à condition d’en faire la demande explicitement avant la fin de la notification MDPH ou COTOREP en cours. Ils peuvent même demander une révision en hausse du pourcentage de l’ACTP attribuée antérieurement si leur dépendance s’est aggravée. Personne ne peut les obliger à passer à la PCH s’ils ne le souhaitent pas.

• Les bénéficiaires de l’ACTP à taux partiel (40 à 70 %) sont tenus de prouver qu’ils ont une tierce personne qui les aide pour « les actes essentiels de la vie » (manger, boire, se déplacer, faire sa toilette, s’habiller et se déshabiller, aller aux toilettes…), et d’en fournir l’identité, mais ils ne sont pas tenus de fournir des feuilles de paie ou des factures de service de tierces personnes. L’aide bénévole par un membre de l’entourage (au sens le plus large du termeŠ cela peut être un voisin) suffit.

• Les bénéficiaires de l’ACTP atteints de cécité, c’est-à-dire dont la vision centrale est nulle ou inférieure a un vingtième de la normale, sont considéré comme remplissant les conditions qui permettent l’attribution et le maintien de l’ACTP à taux plein (80 %). Ils n’ont donc pas besoin de produire de justificatifs autres que ceux concernant leurs ressources.

• Les autres bénéficiaires de l’ACTP à taux plein sont tenus de prouver qu’ils rémunèrent une tierce personne (ou un service de tierces personnes) ou bien qu’une personne de leur entourage subit un manque à gagner parce qu’elle les assiste, et par conséquent d’en fournir les preuves. Mais ils ne sont absolument pas tenus de justifier l’intégralité du montant de l’ACTP quand bien même le RDAS (Réglement Départemental d’Action Sociale) le stipulerait – auquel cas il serait illégal. En principe, il est recommandé de justifier une partie significative de l’ACTP, correspondant au moins à 30 heures par mois. ATTENTION : rémunérer une femme de ménage (ménage et entretien de la maison, courses, repassage, …) n’est pas une justification valable pour l’ACTP !

• Le Conseil général n’a pas le droit de réduire l’ACTP des allocataires ACTP accueillis en établissements comme externes ou semi-internes. La réduction éventuelle ne peut concerner que les internes.

• Lorsque des allocataires hébergés en Centres de long séjour s’acquittent de la totalité de leurs frais d’hébergement, ils doivent alors conserver l’intégralité de leur ACTP.

Ajoutons que la question du choix entre ACTP et PCH est extrêmement complexe et qu’il ne se résume pas à comparer deux montants mensuels en eurosŠ Ainsi, certains se sont fait « avoir » en choisissant la PCH parce que son montant était plus élevé, sans en avoir imaginé toutes les conséquences ! Avant de « basculer », il faut donc demander conseil à une association véritablement indépendante du Conseil général et de la MDPH. Et en cas de doute, il vaut toujours mieux garder l’ACTP : si l’on s’est trompé, au moins l’erreur pourra toujours être réparée !

Enfin, les salariés invalides deuxième catégorie et les fonctionnaires en CLM (Congés Longue Maladie) titulaires d’une ACTP à 80 % doivent examiner la possibilité, en fonction de leur situation, de demander une MTP (Majoration Tierce Personne versée par la Sécurité Sociale) ou une Majoration pour assistance constante d’une tierce personneversée par l’État. Ces prestations sont beaucoup plus favorables que l’ACTP, et en plus, à la différence de l’ACTP, elles sont cumulables avec la PCH Aide technique et, dans certaines limites, avec la PCH Aide humaine (nous contacter pour plus de précisions).

En conclusion, nous invitons tous ceux qui ont des problèmes concernant l’ACTP à en informer rapidement le CDTHED afin de voir comment faire respecter leurs droits.

Parlez-en autour de vous, invitez les personnes concernées à nous contacter !

Le CDTHED

 

Formation des aidants familiaux : la CNSA soutient l’UNAFAM

 

WEKAL’UNAFAM a conçu un programme consistant à former, à la fois, des aidants familiaux et des formateurs.

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a décidé de soutenir les actions de formation de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) destinées aux aidants de personnes en situation de handicap psychique. La Caisse participe ainsi au financement du programme 2013 de l’association, à hauteur de 190 000 euros. En outre, elle pourra reconduire sa subvention en 2014 et 2015. Le programme développé par l’UNAFAM est conçu en deux temps.

La formation des aidants familiaux

Un premier niveau de formation s’adresse directement aux aidants familiaux :   – Par l’acquisition de repères pour l’accompagnement d’un proche en situation de handicap psychique : compréhension des dispositifs sanitaires et sociaux du domaine de la psychiatrie et approche des pathologies psychiatriques et de leurs conséquences ;   – Par la prise de conscience de la fonction d’aidant et le développement de stratégies pour prévenir l’épuisement et rompre l’isolement (Ateliers prospect famille).

La formation de formateurs

Le second niveau consiste à former des formateurs. Les bénévoles de l’association nationale apprennent à des aidants de toute la France à devenir à leur tour formateurs. « Il apparait, en effet, qu’un bénévole ne peut devenir formateur qu’après avoir lui-même bénéficié d’une formation initiale de trois jours minimum, d’une immersion de quelques mois dans sa délégation départementale et d’une formation de consolidation (trois jours) », explique l’UNAFAM. La convention est consultable sur le site de la CNSA : www.cnsa.fr

HANDICAP : Les directeurs de MDPH proposent des réformes pour simplifier les procédures

ASH actualites« Réduire le volume de demandes déposées auprès des MDPH [maisons départementales des personnes handicapées] pour dégager du temps et des moyens qui pourraient utilement être réorientés vers l’accompagnement des personnes handicapées et leurs familles ». Telle est l’ambition de l’Association des directeurs de MDPH (ADMDPH) qui formule 11 propositions pour alléger les procédures et simplifier les démarches des usagers.

Lien direct de téléchargement du texte de l’A.D.M.P.H. sur : « La Gazette des communes »: