Schizophrénie : Des anti-inflammatoires pour la prévenir ?

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Prévenir la schizophrénie en calmant le système immunitaire du cerveau via des anti-inflammatoires, c’est l’hypothèse de cette équipe internationale qui associe ici des niveaux d’activité immunitaire élevés et le risque de schizophrénie. Ses

conclusions, présentées dans l’American Journal of Psychiatry suggèrent que si une plus grande activité « microgliale » peut être un signe de schizophrénie, la détecter et la réduire pourrait empêcher le développement de la maladie.

Les chercheurs de l’Imperial College London, du King’s College London, de l’Université de Padoue et de l’Université du Texas ont étudié les niveaux d’activité des cellules microgliales- en vert sur visuel (ou de la microglie), des cellules immunitaires présentes dans le cerveau et la moelle épinière qui agissent comme première et principale défense immunitaire du système nerveux central (SNC). Les chercheurs ont utilisé la tomographie par émission de positons (TEP) et l’IRM, pour  comparer l’activité des cellules microgliales chez 56 participants, dont 14 à risque élevé de schizophrénie, âgés en moyenne de 24 ans, comparés à 14 témoins appariés pour l’âge et chez 14 patients atteints de schizophrénie, âgés en moyenne de 47 ans, comparés à 14 témoins sains appariés pour l’âge.

 

Une activité microgliale élevée chez les personnes atteintes ou à risque élevé de schizophrénie est constatée, cette activité élevée étant également associée à une réduction du volume de matière grise chez les patients ou les participants à risque élevé. Les auteurs notent une corrélation positive entre la gravité des symptômes et l’activité de la microglie chez les participants à risque.

 

Si ces résultats, obtenus sur un petit nombre de cas doivent être interprétés avec prudence, ils suggèrent que détecter et réduire cette suractivité avant même les premiers symptômes permettrait de prévenir la maladie. L’équipe de recherche prévoit ainsi de mener un essai clinique en regardant si les anti-inflammatoires pourraient contribuer à réduire, voire empêcher, les symptômes de la schizophrénie. Si cet essai était concluant, ce serait alors un pas important franchi, car avec un tel traitement, de très nombreux patients psychotiques seraient en mesure de réduire la gravité de leurs symptômes.

Cependant, dans un commentaire publié dans la même édition, les chercheurs mettent en garde contre toute automédication par anti-inflammatoires, sans prescription et surveillance médicale.

 

Source: The American Journal of Psychiatry October 16 2015 DOI: 10.1176/appi.ajp.2015.14101358

Microglial Activity in People at Ultra High Risk of Psychosis and in Schizophrenia: An [11C]PBR28 PET Brain Imaging Study