La psychiatrie à domicile

La psychiatrie à domicile

Origine « Le Télégramme » Quimper

L’hospitalisation à domicile (HAD) en psychiatrie reste une alternative à l’hospitalisation méconnue des professionnels de santé et du public. L’Établissement public de santé mentale Étienne-Gourmelen la relance, après l’avoir expérimentée dès 1985.

Description et intérêts. Les règles. Au moins trois visites infirmières hebdomadaires au domicile du patient ; une consultation médicale obligatoire au centre d’accueil médico-psychologique par semaine ; chaque cas est évoqué lors d’une réunion clinique hebdomadaire ; délivrance du traitement psychotrope par la pharmacie de l’hôpital quand la prescription somatique reste du ressort du médecin généraliste.

Une contre-indication absolue. « Que le patient ne soit pas d’accord. Nous ne pratiquons aucune HAD sous la contrainte », insiste la psychiatre Annie Bléas.

Le déclenchement. « Après une évaluation clinique infirmière, la prescription de l’HAD par un psychiatre peut intervenir rapidement. Elle peut être déclenchée le jour de la consultation médicale ou le lendemain. Le traitement est aussitôt récupéré à la pharmacie de l’hôpital », décrit le cadre de santé Henry Urvoy.

La durée. La prise en charge en HAD dure, en moyenne, de deux à trois semaines, selon les professionnels de Gourmelen interrogés.

 « Il y a une prise de risque, mais maîtrisée » .

On n’est jamais sûr de ce que l’on va trouver de l’autre côté de la porte. Se pose à nous la question d’une évaluation du risque, qui doit être pointue. Elle tient beaucoup, on y revient, à ce lien de confiance entre soigné et soignant », émet l’infirmier Hervé Le Roy. « Entre ce que veut bien nous dire une personne, ce qu’on entend, le risque zéro n’existe pas. Sauf à hospitaliser la personne et la boucler. Imaginons une personne qui reçoit une mauvaise nouvelle après le passage d’un infirmier, comment va-t-elle se saisir d’une émotion ? Et puis il y a des choses qui peuvent nous échapper sur la gravité d’une situation », exprime la cadre de santé Marie Sanzay. « Il y a une prise de risque, mais c’est tout de même un risque maîtrisé, car on a des professionnels aguerris en ambulatoire », relativise Henry Urvoy, l’autre cadre de santé interrogé. « On n’a jamais rencontré de passage à l’acte en HAD. Et puis chaque patient peut avoir un professionnel au bout du fil 24 h/24 », indique la psychiatre Annie Bléas. « Mais, c’est vrai, on peut être un peu inquiet parfois quand on trouve des patients avec des pathologies dépressives très graves ou des personnes extrêmement dissociées. Dans ces cas-là, il faut sécuriser et donc hospitaliser », ajoute aussitôt la spécialiste.

Articulation avec les autres intervenants au domicile. « On s’est donné l’obligation de prévenir les médecins traitants. Il y a aussi une dimension technique, la coordination entre les traitements psychotropes prescrits par un psychiatre de l’hôpital et les traitements somatiques éventuels prescrits par le médecin généraliste du patient », décrit Annie Bléas. « Souvent les infirmiers libéraux interviennent déjà au domicile. On vient prendre notre place, ils continuent à pratiquer leurs soins. Nous échangeons beaucoup au téléphone de façon informelle sur l’état d’humeur du patient », complète l’infirmier Hervé Le Roy. « Les travailleurs sociaux sont impliqués aussi. Ils peuvent d’ailleurs constituer un renfort lors d’une HAD qui concerne, par exemple, un jeune enfant. Il y a aussi des auxiliaires de vie ». « Ils sont aussi précieux, chacun intervient à la place qui est la sienne. Ça étaye, sécurise le dispositif », note Marie Sanzay. Selon Henry Urvoy, « l’infirmière coordinatrice a aussi un rôle pédagogique à jouer auprès des autres intervenants ». « Chez un patient psychotique, par exemple, il ne peut s’agir de faire le ménage de fond en comble, il faut respecter le cadre de vie du patient. Il n’est pas question de venir faire de l’hygiénisme. Ça pourrait le perturber. Il vaut mieux améliorer, sur des petites choses, son quotidien », illustre le cadre de santé.

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/had-la-psychiatrie-a-domicile-03-06-2015-10651797.php

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