Autres conséquences néfastes du tabagisme au cours de certaines maladies psychiatriques

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Avec des taux estimés se situer entre 45 % et 60 % des intéressés (aux USA), le tabagisme demeure très fréquent parmi les sujets souffrant de troubles bipolaires ou de schizophrénie. Portant sur 363 personnes bipolaires et 400 schizophrènes, une étude réalisée aux États-Unis examine l’association entre la consommation de tabac et le fonctionnement cognitif et adaptatif[1], apprécié par des tests d’évaluation appropriés comme la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale, échelle d’estimation de l’intelligence pour adultes)[2] et le SLOF (Specific Level Of Functioning scale, échelle spécifique du niveau de fonctionnement)[3].

Les auteurs constatent un tabagisme moyen d’environ 12 paquets-années dans cette population. Une limitation tient toutefois au caractère « relativement homogène » de la population choisie pour cette étude, en l’occurrence des descendants de Juifs d’origine ashkénaze (Europe centrale et orientale) : l’absence d’une plus grande diversité dans cet échantillon (en particulier le « faible taux de comorbidités en matière d’abus pour d’autres substances » que le tabac et la « sévérité moyenne des troubles psychiatriques ») laisse présumer que les résultats ne sont peut-être pas généralisables à d’autres groupes ethniques ou plus concernés par d’autres addictions que le tabac.

On observe un « taux de tabagisme deux fois plus élevé » chez les patients schizophrènes que chez les bipolaires » (respectivement 25,9 % et 12,1 %). Chez les sujets continuant à fumer, la sévérité des troubles cognitifs est « identique » en cas de maladie bipolaire ou de schizophrénie. Mais le mécanisme expliquant cet impact négatif du tabac sur le fonctionnement cognitif et adaptatif reste méconnu. Une éventuelle « prédisposition à la nicotine » pourrait interférer avec des « mécanismes neurobiologiques impliqués dans le fonctionnement cognitif et adaptatif, par exemple des processus dopaminergiques. » Mais il est possible aussi que les choses se déroulent plutôt à l’envers : peut-être n’est-ce pas le tabac qui conditionne un dysfonctionnement cognitif ultérieur, mais qu’à l’inverse des troubles préalables de l’adaptation rendraient ces sujets plus réfractaires aux incitations sociétales pour moins fumer ?

Quoi qu’il en soit (et même en ajustant les données pour tenir compte d’autres facteurs démographiques), les patients qui continuent à fumer ont un « fonctionnement cognitif plus médiocre » que les anciens fumeurs ou que ceux n’ayant jamais fumé.

Dr Alain Cohen

 

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