Ne plus négliger la condition physique des patients schizophrènes

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Malgré le poids important des dépenses de santé dans les pays dits « riches », on observe que l’espérance de vie chez les schizophrènes y reste « inférieure de 20 % à celle de la population générale », rappellent les auteurs d’une étude britannique consacrée à l’évaluation des problèmes de santé physique parmi ce type de malades mentaux.

Afin d’apprécier « la qualité de l’évaluation et du traitement » des affections somatiques chez les patients schizophrènes, une étude britannique a été consacrée à la vérification rétrospective des dossiers de 5 091 patients âgés d’au moins 18 ans et souffrant de schizophrénie ou d’un trouble schizo-affectif.  Les auteurs ont relevé notamment les informations (ou l’absence de données) relatives à « neuf aspects clés » de la santé physique. Huit éléments intéressent directement le sujet lui-même : poids, indice de masse corporelle (IMC), pression artérielle, glycémie, lipides sanguins (cholestérol total et lipoprotéines de haute densité, HDL) tabagisme, addiction à l’alcool, ou mésusage d’une autre substance. Et le dernier critère concerne son contexte héréditaire : présence éventuelle d’antécédents familiaux d’ordre cardiovasculaire ou/et métabolique (diabète, hypertension artérielle, dyslipidémie).

Les auteurs constatent que l’ensemble de ces neuf données a été renseigné moins d’une fois sur quatre durant les douze derniers mois écoulés (dans seulement 21,6 % des cas). En particulier, l’IMC n’est mentionnée que dans 51 % des dossiers. Parmi les malades ayant une glycémie élevée, à peine plus de la moitié (53,5 %) ont suscité « une intervention appropriée », et cette proportion n’atteint que 19,9 % en cas de dyslipidémie ! Cette réactivité insuffisante face à la dégradation de paramètres pourtant classiques est d’autant plus étonnante et inacceptable que ces patients reçoivent souvent des traitements psychotropes renforçant la nécessité d’une telle surveillance biologique et clinique ! Mais en dépit de ces insuffisances flagrantes, il faut noter que « la plupart des patients se sont déclarés satisfaits des soins qu’ils recevaient » (relativement à leurs problèmes somatiques).

Les auteurs estiment donc, de façon tout à fait évidente, que l’évaluation et le traitement des troubles organiques courants chez les schizophrènes « tombent bien en dessous des normes acceptables » et que la coordination entre tous les intervenants (médecins omnipraticiens, psychiatres, autres spécialistes…) doit impérativement « s’améliorer pour espérer une réduction significative de la mortalité prématurée » chez ces patients.

Dr Alain Cohen

 

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