Promouvoir la condition physique des malades hospitalisés en psychiatrie

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Les malades mentaux ont une morbidité somatique et une mortalité accrues, comparativement à la population générale. Par exemple, la prévalence du diabète est « au moins doublée » chez les schizophrènes. Une bonne prise en charge de ces patients doit donc nécessairement intégrer « la prévention et le traitement de cette dimension somatique », rappellent les auteurs d’une étude sur ce thème, réalisée au Danemark. But de cette recherche : évaluer l’efficacité d’un programme d’intervention visant à améliorer la condition physique de patients (avec une affection mentale et une « déficience intellectuelle notable ») pris en charge de façon chronique dans des établissements psychiatriques de type « long séjour. »

Pratique et assez simple à mettre en œuvre, l’intervention proposée s’adresse aux patients et aux professionnels de l’établissement assurant leur prise en charge. Une information est fournie sur la manière de cesser de fumer (tant pour les patients que pour le personnel de l’institution où ils séjournent), sur l’intérêt de maintenir ou d’instaurer une activité physique au quotidien (par exemple en marchant chaque jour), avec l’objectif d’augmenter cet exercice physique au fil du temps. On encourage la pratique régulière d’une activité sportive adaptée au sujet (fitness par exemple). Autre axe d’intervention : des recommandations sont faites en matière de bonnes pratiques diététiques, à l’intention des patients et du personnel. Plutôt que le simple indice de masse corporelle, le paramètre retenu pour évaluer l’effet de cette intervention est le tour de taille, car ce marqueur spécifique de l’obésité abdominale constitue un meilleur indicateur de l’excès de « mauvaises graisses » associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2 (non insulinodépendant).

Avec une moyenne de 108 cm (pour les hommes comme pour les femmes), et après ajustement pour d’autres critères (sexe, âge, indice de masse graisseuse…), la mesure du tour de taille pour évaluer l’intervention proposée a montré, après un suivi d’une année, une réduction de ce paramètre « petite et non significative » chez les 40 sujets ayant bénéficié de cette intervention, mais on observe au contraire une « augmentation significative du tour de taille » chez les 45 sujets-contrôles. Si cette intervention présente ainsi un effet modeste, elle se révèle toutefois préférable à une abstention de toute démarche préventive, d’autant plus que les malades mentaux hospitalisés cumulent souvent les risques d’obésité : sédentarité, effets indésirables des psychotropes sur l’appétit et le poids, incidence éventuelle de facteurs génétiques…

Dr Alain Cohen

 

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