Une parenté entre TOC et schizophrénie

 

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Bien que la schizophrénie et les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ne passent pas pour des affections particulièrement liées, JAMA Psychiatry publie une étude montrant qu’un diagnostic antérieur de TOC est associé à une augmentation significative du risque ultérieur de schizophrénie.

Réalisée à l’Université d’Aarhus (au Danemark) en exploitant les registres nationaux de ce pays, cette étude de cohorte porte sur « 45 millions de sujets-années », au même sens que les entreprises ferroviaires peuvent parler de « kilomètres-voyageurs. » Un ensemble de 3 millions de personnes (nées entre 1955 et 2006) ont été suivies entre janvier 1995 et décembre 2012. Durant cette période, plus de 30 000 sujets (environ 1 %) ont développé une schizophrénie ou des troubles apparentés à cette psychose (étiquetés « troubles du spectre schizophrénique).

En cas de TOC préalables, les auteurs observent une multiplication par 6,90 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 6,25–7,60) du risque relatif de schizophrénie et une multiplication par 5,77 (IC : 5,33–6,22; IC= 95%) du risque de troubles du spectre schizophrénique. Ces constats persistent après l’ajustement des données pour des facteurs confondants liés à l’anamnèse psychiatrique du patient ou à celle de sa famille. On note aussi que les patients souffrant à la fois de schizophrénie et de TOC à titre de comorbidité sont généralement plus jeunes à l’apparition de la psychose, avec des troubles dépressifs plus marqués, des tentatives de suicide plus fréquentes, un risque d’hospitalisation et un taux de chômage plus élevés, des symptômes et un degré d’invalidité plus sévères.

Les auteurs estiment que ce lien épidémiologique entre la schizophrénie et les TOC traduit une parenté méconnue dans le déterminisme de ces affections, a priori distinctes mais partageant sans doute certaines composantes étiologiques communes que les neurosciences permettront éventuellement de préciser. Des recherches futures devraient maintenant chercher à départager les facteurs génétiques et environnementaux, susceptibles de sous-tendre cette parenté nosologique entre les troubles du spectre schizophrénique et les TOC.

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCES

Meier SM et coll.: Obsessive-Compulsive Disorder as a risk factor for schizophrenia. A nationwide study. JAMA Psychiatry, 2014 ;

publication avancée en ligne le 3 septembre. doi:10.1001/jamapsychiatry.2014.1011.