Où la psychiatrie espère beaucoup des progrès de la neuro-imagerie

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La finalité de la médecine consiste à améliorer la santé des malades, grâce à des efforts constants pour traduire les avancées de la recherche dans la pratique clinique. Malheureusement, malgré des progrès considérables dans le domaine des neurosciences et de la neuro-imagerie, force est de constater que la psychiatrie n’a guère bénéficié jusqu’à présent des retombées de ces découvertes.

Restant globalement identique à celle du passé, la démarche diagnostique repose toujours sur l’observation et l’interprétation (plus ou moins subjective) de symptômes, sans pouvoir s’appuyer sur le recueil de données objectives que pourraient apporter des examens complémentaires, en particulier les informations de plus en plus précises venues de la neuro-imagerie. De même, les médicaments disponibles en psychiatrie ne représentent pas encore une traduction pratique des avancées théoriques, car les mécanismes physiopathologiques des maladies mentales demeurent largement méconnus, d’où les difficultés pour transposer in concreto des progrès dans leur compréhension.

Pour l’heure, seule l’approche des accidents vasculaires cérébraux bénéficie réellement de l’apport de la neuro-imagerie, mais l’essor de cette discipline permet d’espérer un affinement de sa sémiologie pour l’appliquer, en particulier, à la « prédiction du développement de la psychose », ce qui permettrait ainsi de définir quels patients pourraient bénéficier de traitements précoces limitant le risque d’une aggravation des troubles. D’autre part, depuis une quarantaine d’années, la neuro-imagerie a montré l’existence de différences neuro-anatomiques entre le cerveau de patients schizophrènes et de sujets-contrôles[1] et, plus récemment, la possibilité d’altérations de « la structure, du fonctionnement et de la connectivité cérébrales avant le début de la psychose », ce qui laisse augurer la possibilité future de disposer d’examens complémentaires, pour confirmer une hypothèse diagnostique reposant encore exclusivement sur une démarche clinique. Cependant, les progrès en la matière sont retardés, notamment parce que les anomalies ne sont pas limitées à une structure neuro-anatomique précise, mais distribuées habituellement à travers l’ensemble du cerveau.

Dans l’avenir, espèrent les auteurs, les psychiatres seront peut-être en mesure « d’utiliser des examens complémentaires (imagerie, biomarqueurs) pour compléter leur propre jugement clinique afin de stratifier les patients et mieux adapter les traitements à leurs besoins. »

Dr Alain Cohen

 

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