Le trouble bipolaire, une maladie métabolique ?

logo1

 

L’OMS place le trouble bipolaire parmi les dix maladies les plus préjudiciables, non seulement en raison de son propre retentissement sur la qualité de la vie, mais aussi pour son impact considérable sur la morbidité comme sur la mortalité : augmentation du taux de suicide, accès plus médiocre aux soins, mauvaises habitudes de vie, effets indésirables des médicaments psychotropes…

Mais le facteur le plus important contribuant à cette surmortalité, c’est l’accroissement des pathologies cardiovasculaires, un phénomène remarqué dès 1933, à l’occasion d’une étude épidémiologique sur l’admission en hôpital général de malades maniaco-dépressifs (comme on disait alors). On sait désormais que ce « syndrome métabolique » associé à la maladie bipolaire se décline à travers l’amplification de plusieurs facteurs de risque : obésité, hypertension artérielle, diabète sucré de type 2, (diabète non insulinodépendant, DNID), dyslipidémies, sédentarité, tabagisme…

Parmi ces facteurs de risque cardiovasculaire, le plus récurrent consiste dans des anomalies du métabolisme glucidique, et depuis sa découverte au XXème siècle, « plusieurs chercheurs ont attiré l’attention sur cette relation inattendue entre la maladie maniaco-dépressive et le métabolisme glucidique. » Le DNID affecte 8 à 17 % des sujets bipolaires (une prévalence triple de celle observée dans la population générale) et ces patients connaissent souvent une évolution plus sévère de leur pathologie psychiatrique : plus grande fréquence des épisodes dépressifs ou maniaques et des hospitalisations, risque de suicide plus élevé, et plus grande résistance aux traitements.

Les auteurs estiment qu’il est donc crucial de comprendre le mécanisme évolutif de la maladie bipolaire qui se révèle « une affection grave, non seulement du point de vue psychiatrique » mais aussi somatique, et impliquerait à ce titre « un contrôle métabolique indépendant du type de traitement » (psychiatrique). Apparentant la maladie bipolaire à une situation de perturbation métabolique, cette dimension médicale ne doit plus être méconnue et, concluent les auteurs, « tous les médecins devraient être conscients de la nécessité de mettre en œuvre des stratégies de prévention primaire, afin de réduire le fardeau médical global et la mortalité des patients bipolaires. »

Dr Alain Cohen

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s