Une hypothèse qui prend corps (calleux) pour la schizophrénie

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Décrit en 1543 par Vésale comme « un lien entre les deux moitiés du cerveau en continuité avec leur substance blanche », puis considéré au XVIIIe siècle par La Peyronie comme « le siège de l’âme » au titre de « la structure cérébrale la plus interconnectée », le corps calleux est reconnu désormais pour son « rôle capital dans les liaisons entre les hémisphères cérébraux. » À ce titre, expliquent des chercheurs du département de neuropsychiatrie de l’Université de Melbourne (Australie), l’examen du corps calleux [1] représente une « fenêtre » pour saisir les perturbations affectant le cortex cérébral dans certains troubles. Une meilleure compréhension des changements sous-jacents dans les maladies psychiatriques peut résulter de l’examen de la structure du corps calleux (comparativement à celle des régions corticales dont il assure l’interconnexion) et de la combinaison de l’évaluation volumétrique avec l’analyse microstructurale.

Les connaissances sur le corps calleux ont progressé grâce aux avancées récentes de l’imagerie cérébrale (en particulier la tractographie et l’imagerie du tenseur de diffusion) qui suggèrent que certaines différences de conformation du corps calleux (observées notamment dans la schizophrénie) seraient liées à des altérations microstructurales de la substance blanche, à des anomalies de la myélinisation, et à des modifications de la structure ou du fonctionnement des axones. Les auteurs notent que le corps calleux constitue « un candidat intéressant pour la neuro-imagerie » car il est « facilement segmenté, peut être analysé en deux ou en trois dimensions, et que ses caractéristiques se prêtent à des mesures variées. » En outre, son degré de connexité avec plusieurs parties du cerveau permet son utilisation éventuelle comme un marqueur de changements pouvant affecter à la fois la matière blanche et la matière grise.

Les recherches futures devront se focaliser sur les relations du corps calleux avec l’ensemble du cerveau, tant du point de vue structurel que fonctionnel. Nous ne répondrons pas à la question de La Peyronie, se demandant jadis si cette structure cérébrale abrite l’âme, mais nous pourrons peut-être déterminer si l’implication du corps calleux dans la schizophrénie le concerne directement à titre de « siège de la maladie, ou d’un simple reflet. »

Dr Alain Cohen

 

 

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