Recherche en santé mentale, un constat en demi-teinte

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Partout dans le monde, les décideurs voudraient savoir si les moyens humains et financiers investis dans la recherche sont ou non suivis d’effets pertinents. Une équipe australienne s’intéresse ainsi aux priorités de recherches en matière de santé mentale.

Depuis une dizaine d’années, rappellent les auteurs, l’Australie a connu une « augmentation de l’investissement dans les services de santé mentale » soutenue par une politique « axée sur la prévention et l’intervention précoce », et visant notamment à la réduction des risques de suicide. Cependant, ces ambitions louables ne se traduisent pas toujours, en pratique, par des augmentations de crédits : « la proportion des financements pour les troubles affectifs, la démence et la psychose a augmenté, mais pas pour les troubles anxieux ni pour la prévention du suicide. » Le financement dans le domaine de la pédopsychiatrie a aussi diminué, de même que celui des actions de prévention et de promotion de la santé mentale en général.

Cette « insuffisance des financements » contraste avec les priorités officiellement affichées : prévention du suicide, recherches en pédopsychiatrie, recherches en gérontopsychiatrie, etc. Concrètement, malgré certaines réformes récentes dans les politiques de santé mentale (en Australie), on constate « peu de changement dans le financement de la recherche et des publications » la concernant. Et les « lacunes persistantes » se révèlent au fond « très similaires à celles identifiées dix ans plus tôt », et montrant notamment que les problèmes concernant le suicide, les troubles de la personnalité, et les troubles anxieux ne sont toujours pas « suffisamment investis par la recherche. »

En pratique, le seul « axe majeur » pour lequel existent des « preuves modestes de changement » est le soutien aux recherches sur les troubles affectifs. C’est donc un constat en demi-teinte pouvant susciter simultanément, comme dans l’image classique du verre rempli à moitié, pessimisme ou optimisme.

Dr Alain Cohen

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