Ajouter un additif au traitement de la schizophrénie ?

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Outre l’hyperactivité dopaminergique, un hypofonctionnement des récepteurs NMDA [N-méthyl-D-aspartate)[1] joue un rôle important dans la physiopathologie de la schizophrénie. Aussi l’amélioration de ce type de neurotransmission NMDA est-elle considérée comme une possible innovation thérapeutique. À ce jour, divers essais dans cette voie ont montré une efficacité certaine, mais limitée, sur les symptômes positifs et négatifs, comme dans le domaine cognitif.

Pour renforcer la fonction NMDA, une autre méthode consiste à élever les niveaux d’acides D-aminés[2] en bloquant leur métabolisme. Le benzoate de sodium (essentiellement utilisé comme conservateur alimentaire) est justement un inhibiteur de l’oxydase d’acide D-aminé récemment testé dans un essai contrôlé (en double insu contre placebo) dans deux centres médicaux de Taiwan, sur 52 patients avec schizophrénie chronique, déjà stabilisés avec des neuroleptiques depuis au moins 3 mois.

Cette étude visait à vérifier l’innocuité et l’efficacité de ce nouveau médicament, proposé comme adjuvant dans cette psychose. Ce traitement (ou le placebo) a été proposé à la posologie de 1 gramme/jour pendant six semaines et son incidence (bénéfice clinique, fonctions cognitives, éventuels effets indésirables) a été évaluée régulièrement (deux fois par semaine), notamment par les scores à l’échelle PANSS (Positive and Negative Syndrome Scale)[3].

On constate que ce traitement adjuvant par le benzoate de sodium entraîne « une amélioration de 21 % au score total de l’échelle PANSS » et des effets importants sur certaines sous-échelles (évaluation des symptômes négatifs, évaluation du fonctionnement global, échelle de qualité de la vie, impression clinique globale). Cette amélioration est également sensible dans les subtests de neurocognition (comme la vitesse de traitement de l’information et l’apprentissage visuel). La tolérance du produit s’est révélée « bonne, sans effets adverses marqués. »

Il ne s’agit certes que d’une étude « préliminaire », mais les auteurs jugent ses résultats « prometteurs » et estiment qu’une telle inhibition de l’oxydase d’acide D-aminé pourrait constituer une « nouvelle approche pour développer de nouveaux médicaments contre la schizophrénie. »

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cepteur_NMDA
[2] Dans la projection de Fisher, la forme L ou D se réfère à la position de l’avant-dernier groupe amino : cf.http://as.vanderbilt.edu/chemistry/Rizzo/Chem220b/Fischer.pdf
[3] http://schizophrenies.fr/PDF/echelle-PANSS-POSITIVE-AND-NEGATIVE-SYNDROME-SCALE.pdf

Dr Alain Cohen

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