Sexualité des handicapés : un droit à la bientraitance

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Le tabou de la sexualité des personnes handicapées mentales a été abordé à Metz. Des professionnels ont présenté les récents travaux, concernant notamment l’éducation sexuelle chez les jeunes enfants.

Il est de toutes les conférences sur ce thème, depuis peu abordé en France. Norbert Campagna, professeur de philosophie à l’université du Luxembourg, spécialisé dans l’éthique de la sexualité, a ouvert vendredi dernier la conférence-débat sur la vie affective et sexuelle des personnes handicapées mentales organisée par l’Udepaim, l’Union départementale des associations mosellanes de parents et amis de personnes ayant un handicap mental.
Devant une salle bondée de professionnels et de parents de handicapés, l’auteur de La sexualité des handicapés a dressé un état des lieux de la situation, notamment dans les institutions françaises.
Il a donné des exemples sur les pratiques, plus avancées, développées en Suisse, aux Pays-Bas ou en Allemagne.
Comment aborder la sexualité avec son enfant, adolescent handicapé mental ? Comment remédier à certaines pulsions ou comportements inadaptés ? Comment accompagner la personne handicapée dans son droit légitime à une vie affective et sexuelle épanouie ?
Ces questions, deux professionnelles travaillant en Institut médico-éducatif (IME) ont tenté d’y répondre en présentant les réflexions menées et les travaux développés à l’IME Le Wenheck à Valmont, près de Saint-Avold. Marie-Anne Fontanarosa, infirmière, et Stéphanie Florentin, psychologue, ont fait part de leur expérience collective sur ce qu’elle nomme, plus globalement, « le droit à la bientraitance ». Une notion encore récente.
Parents impliqués
« Même pour les professionnels, a expliqué Stéphanie Florentin, la sexualité était un tabou, on n’en parlait pas. Nous n’en sommes qu’au début et il y a encore beaucoup de points à aborder. » En 2010, un groupe de travail interétablissements a été créé pour bien traiter la personne et aussi tenir compte de sa vie sexuelle et affective qui relève, selon les professionnelles, « d’une responsabilité collective ». Cette année, un comité d’éthique a vu le jour. Très tôt, « dès l’âge de six ans, nous abordons l’hygiène, le corps, les différences garçon-fille et des questions comme comment fait-on des bébés », explique Marie-Anne Fontanarosa.
Plus tard, à l’adolescence, des groupes de paroles sont organisés sur des thèmes comme les émotions qui les submergent, les parents qui les énervent, ou l’homosexualité. Des supports visuels ou des jeux de société peuvent également être utilisés pour comprendre et dire « des choses pour ces jeunes qui ont parfois du mal à les exprimer ».
« Une vie ailleurs »
« Soutenir la vie affective des jeunes handicapés, ce n’est pas que parler vie sexuelle, précise l’infirmière. C’est surtout accepter l’idée d’une vie relationnelle en dehors de la famille et de l’institution. Et pour cela, tout passe par l’acceptation des parents. Nous les informons d’ailleurs du cheminement de la vie affective de leur enfant. Ils peuvent aussi se retrouver dans des groupes de paroles entre parents. »
Dans le grand salon de l’hôtel de ville de Metz, la mère « d’une grande fille de 32 ans » se réjouit d’une telle avancée. « Ce travail, ça fait 15 ans qu’on le fait en famille , a-t-elle expliqué. « Ma fille a effectivement un petit copain mais, aujourd’hui, on se heurte, en face, à une famille dont l’enfant n’a pas été éduqué sexuellement. Mais les choses évoluent et on se dit que c’est possible mais ce n’est pas un chemin facile. »

lien direct de l’article sur le journal http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2013/09/17/sexualite-des-handicapes-un-droit-a-la-bientraitance

Handicap psychique : l’appart. qui parie sur l’autonomie

logo-handicap.frUn concept novateur, d’avenir ? Le 25 septembre 2013 est inauguré, à Paris (13ème), un « appartement-relais » destiné à accueillir des jeunes atteints de troubles psychiques. Véritable proposition de soins alternatifs, il offre une étape intermédiaire entre la sortie de clinique et l’insertion dans le milieu ordinaire. C’est l’association Guy renard (depuis 70 ans, elle accompagne les jeunes étudiants et travailleurs handicapés ou malades) qui est à l’origine de ce projet, en partenariat avec la clinique Georges Heuyer (clinique psychiatrique pour lycéens et étudiants).

3 résidents dans 95m2

Le bailleur social Paris Habitat loue un appartement situé dans le 13ème arrondissement de Paris à l’association Guy Renard qui le propose ensuite à trois patients de la clinique Georges Heuyer pour une durée de six mois, renouvelable une fois. Un bel espace de 95 m2 et une chambre pour chacun ! L’association Guy Renard mène d’ailleurs actuellement une campagne de don de meubles sur Facebook pour les équiper le mieux possible. Cette période de transition permet aux jeunes de stabiliser leur situation psychique en prolongeant le travail avec leur famille et l’équipe médicale. Et d’éviter ainsi une rupture brutale avec le milieu hospitalier, parfois synonyme de rechute ! Ce type d’alternative anticipe également les situations d’isolement auxquelles certains jeunes non suivis peuvent faire face.

Un suivi social et médical permanent

Cette approche du traitement des maladies psychiques est inédite car elle propose d’intervenir sur une période charnière du soin. L’accompagnement médical et social favorise la réinsertion globale de la personne. Les référents de l’association Guy Renard sont à la disposition des résidents en cas de problèmes liés à la jouissance du logement tandis que les équipes de la clinique Georges Heuyer effectuent un suivi médical.

68 % intègrent un logement autonome

Ce n’est pas une offre de logement par défaut puisque le patient ne peut pas rester plus d’un an dans l’appartement mais une méthode de soins à part entière. L’équipe médicale de la Clinique Georges Heuyer a relevé, lors de précédentes expériences similaires, que 68% des jeunes qui passent par un service appartement-relais intègrent, à terme, un logement autonome. Quant aux 32% restants, ils retournent chez leurs parents ou bénéficient de soins alternatifs (comme un appartement thérapeutique par exemple). L’appartement-relais est un projet expérimental qui, espérons-le, rencontrera le succès qu’il mérite. L’association Guy Renard pourra, alors, multiplier ce type de structure.

lien direct sur l’article du site http://informations.handicap.fr/art-handicap-handicapes-autonomie-853-6308.php