Pour une meilleure prise en charge de la « pire des maladies »

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La schizophrénie passe pour « la pire des maladies affectant l’humanité » affirme dans un éditorial un psychiatre exerçant en Australie. Cette considération désabusée tient notamment à la conjonction de symptômes dits « positifs » (délires, hallucinations) et de symptômes « négatifs » (apragmatisme, aboulie, athymhormie, anhédonie) ; ces derniers étant « souvent résistants à tous les traitements neuroleptiques » (actuellement disponibles). Une voie de recherche encourageante consiste cependant dans l’essor attendu des traitements non pharmacologiques. Ces derniers sont encore sous-utilisés (même dans les pays anglo-saxons où les thérapies cognitivo-comportementalistes sont pourtant plus prisées qu’en France) puisque « plus de 90 % des schizophrènes reçoivent des neuroleptiques », mais que « seulement un tiers d’entre eux ont accès à une forme quelconque de réhabilitation sociale. » Il est donc nécessaire de renforcer, à l’évidence, l’approche psychosociale dans la prise en charge de cette psychose.

L’auteur rappelle à ce propos un constat allant « à l’encontre de l’intuition » selon laquelle le spectre du dysfonctionnement familial aggraverait la psychose : « les patients psychotiques vont mieux s’ils ne sont pas exclus de leur propre famille. »

Un autre aspect mérite d’être souligné : l’intérêt thérapeutique du maintien dans le monde du travail : « contrairement à l’opinion courante, le souhait formulé avec force par la plupart des personnes affectées par une psychose, c’est de retrouver « la capacité de travailler à nouveau. » Pourtant, la plupart des intéressés demeurent sans activité professionnelle.

Il existe donc clairement des progrès importants à faire en matière de réhabilitation professionnelle des malades mentaux en général, et des schizophrènes en particulier. Cette remise au travail se heurte en effet à des difficultés à la fois générales (dégradation structurelle de l’emploi, disparition des métiers peu qualifiés) et qui concernent plus spécifiquement les personnes souffrant d’une psychose, car l’impact de la schizophrénie sur l’efficience cognitive est souvent préjudiciable. Il serait donc nécessaire de pouvoir endiguer ce versant déficitaire de la maladie, en développant une meilleure réhabilitation cognitive.

 

 

Dr Alain Cohen

 

Henderson S.: The worst disease. Australian & New Zealand Journal of Psychiatry 2013 ; 47 (6) : 499–500.

 

 

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