Les élèves en situation de handicap enfin mieux accompagnés à l’école ?

FRANCETVINFO

Il y a quelques jours, le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon, accompagné des ministres George Pau-Langevin (déléguée à la réussite éducative) et Marie-Arlette Carlotti (déléguée aux personnes handicapées et lutte contre l’exclusion) mais aussi du premier ministre lui-même, a présenté son plan d’action pour l’inclusion des élèves en situation de handicap. Les mesures annoncées visent à permettre une meilleure scolarisation des enfants handicapés prévue par la Loi de 2005, mais elles paraissent encore lacunaires au vu de la situation actuelle et des besoins sur le terrain.

La loi de 2005

En 2002, à peine élu, le Président Chirac annonce vouloir faire de l’insertion des personnes handicapées l’un des trois grands chantiers de son quinquennat. En 2005 est votée une Loi qui contient un volet scolaire spécifiant que l’école a l’obligation d’intégration des élèves handicapés. Si la Loi est un incontestable pas en avant, elle cache de nombreux dysfonctionnements (lire cette lumineuse analyse) et, dans les faits, l’intégration des élèves handicapés ne va pas être simple, loin de là.

2005 – 2013 : le grand bazar

Pendant huit ans, tout s’est passé comme si on avait dit à l’école et ses acteurs : « vous devez intégrer ces élèves, c’est la Loi, démerdez-vous ». La priorité va aller à l’intégration des élèves handicapés en classe ordinaire, peu importe comment (on parle d’ailleurs désormais d’inclusion, mouvement sémantique cache-misère typiquement français).

L’illusion de la classe ordinaire

Pour Daniel Calin, grand spécialiste de l’enseignement spécialisé, « l’idéologie inclusive de la loi de 2005 a fait croire aux familles touchées par le handicap de leur enfant, même si ce n’est pas vraiment ce qu’elle prescrit, que tous les enfants et adolescents handicapés pouvaient fréquenter avec profit les classes ordinaires. Elle cultive ainsi des illusions ravageuses, qui menacent de se payer très cher à terme pour ces jeunes et leurs familles.

Un des effets de cette priorité accordée à la scolarisation en milieu ordinaire est que l’orientation vers les classes et établissement spécialisés se fait presque systématiquement après un constat d’échec. Ainsi, les enfants handicapés voient de plus en plus souvent l’expérience de l’échec scolaire s’ajouter aux problèmes déjà lourds induits par leur handicap ».

De fait, l’intégration d’un élève handicapé dans une classe ordinaire n’a, le plus souvent, pas pu se faire dans de bonnes conditions.

La diversité des handicaps pas prise en compte

Entre un handicap moteur, un élève sourd, un dyslexique, un syndrome d’Asperger, un élève ayant des troubles du comportement, aucun point commun autre que le terme de handicap. Pourtant il s’agit d’intégrer ces élèves coûte que coûte en classe ordinaire, sans que la diversité des handicaps soit prise en compte, sans que soit mis en place un accompagnement spécifique à chaque handicap. On ajoute des rampes d’accès pour fauteuils dans certaines écoles, on ouvre des CLIS pour enfants sourds ou aveugles, mais la gestion des handicaps moins aisément indentifiables, notamment mentaux ou psychologiques, plus difficiles à prendre en charge dans un cadre de vie collective, est largement insuffisante. De nombreux élèves se retrouvent en classe ordinaire sans accompagnement digne de ce nom.

Des AVS précaires, non formés et fréquemment dépassés

Pour accompagner les élèves handicapés identifiés comme tels par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées, où toutes les décisions sont centralisées), un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) peut être affecté afin d’aider l’élève à temps complet ou partiel en classe. Mais il n’y a jamais eu de recrutement digne de ce nom.

Des AVS, on en croise beaucoup depuis 2005. Et il faut être honnête : dans l’ensemble, le niveau est pas terrible. J’ai eu la chance d’en croiser de grande qualité, mais c’est loin d’être la majorité. Les AVS compétents que j’ai rencontrés étaient souvent là de passage, et ne devaient leur compétence qu’à leur parcours propre : c’était le hasard qui les avait placées sur le chemin de chaque élève, en aucun cas l’Education Nationale. Dans les autres cas : des étudiants qui faisaient ça comme job d’appoint, sans s’investir outre mesure, des chômeurs de longue durée à qui on avait proposé / imposé le boulot, etc.

Mais, comment attirer des personnes compétentes, avec ce qu’on propose à un AVS ? Un statut précaire, CDD sur CDD, temps partiel souvent, et des rémunérations très faibles : un AVS travaille rarement plus de 24 heures par semaine (temps d’école d’un élève, mais comment trouver un job d’appoint quand on est pris de 8 h 30 à 16 h 30 ?), au SMIC horaire, soit maximum 762 € par mois… De plus, les AVS « ne sont pas formés avant d’entrer en fonction, même s’ils bénéficient d’un droit à la formation en cours d’emploi de 40 heures par an. Ce maigre droit n’est même pas toujours respecté, ce qui a valu des condamnations à plusieurs Académies. En Italie, qui a été pionnière en ce domaine, ceux qui assurent des fonctions similaires sont des professionnels avec une formation de niveau Bac+3, proche de celle des éducateurs spécialisés, mais orientée spécifiquement vers l’accompagnement scolaire des enfants handicapés (D. Calin). » On s’aperçoit de l’imposture française en la matière…

Des enseignants pas du tout préparés

Comme beaucoup de mes collègues, j’ai eu un certain nombre d’élèves à intégrer dans mes classes. J’ai découvert une veille de rentrée que j’aurai une élève autiste. J’ai eu la même année un dyslexique sévère, un handicapé moteur, un dyscalculique / dyspraxique. J’ai eu d’autres élèves encore avec divers troubles envahissants du développement.Jamais, je dis bien JAMAIS, je n’ai eu une quelconque formation. Pas une seule fois, un conseiller pédagogique ou un référent quelconque n’est venu me voir pour me guider. J’ai du, comme la plupart des instits de France, me débrouiller seul, me former sur mon temps personnel, sur Internet, en allant à des conférences, dans les bouquins, en discutant, comme je pouvais.

Peut-on décemment parler d’inclusion en milieu pédagogique ordinaire, si l’enseignant chargé de cette inclusion n’a pas la moindre idée du handicap de l’élève, de ses spécificités, des aménagements pédagogiques nécessaires, du niveau de prise en charge ? Comment articuler le travail avec un AVS, si on ne sait pas quoi lui demander exactement, lui qui n’est pas plus qualifié ?

Ce qui va être mis en place à partir de la rentrée

Voici ce qu’ont concrètement annoncé les ministres le 22 août :

– la création d’un métier d’accompagnant scolaire : aux AVS ayant exercé durant 6 ans sous le statut d’assistant d’éducation, il sera offert la possibilité d’obtenir un CDI à partir de 2014. Pour cela, il faudra entamer une procédure de validation des acquis d’expérience afin de décrocher un diplôme qui sera défini fin 2014. La rémunération de ces nouveaux AVS sera alignée sur la grille de la catégorie C de la fonction publique.

– la formation des AVS devrait être renforcée, les nouveaux recrutés bénéficieront de 60 heures de formation avant leur prise de fonction, en plus des 60 heures déjà prévues ensuite.

– la formation des enseignants sera également renforcée : les futurs professeurs enESPE auront des modules de « formations dédiées aux enjeux généraux du handicap et à la connaissance des différents troubles des apprentissages ». Concernant la formation continue, elle passera par la plateforme de formation en ligne « M@gistère », qui« comprendra d’ici à la fin de l’année deux modules liés au handicap : l’un, portant sur les enjeux généraux de l’école inclusive, l’autre sur les spécificités de l’autisme ».

De sérieux bémols

Bien sûr, il ne faut pas faire la fine bouche, il s’agit là d’avancées réelles. Sur le papier en tout cas. On va encore me reprocher de voir le verre à moitié vide, mais bon, allons-y : il y a, à mon sens, de réels bémols aux mesures annoncées, sur le statut des AVS comme sur la formation.

– il n’aura échappé à personne qu’un AVS verra son statut modifié au bout de 6 ans : c’est-à-dire que pendant des années l’AVS continuera à vivre de manière indécente, payé des clopinettes sous statut précaire.

– on repose donc la question du recrutement : qui donc va accepter de travailler 6 ans dans ces conditions ? On voit qu’il y a peu de chance d’attirer des compétences meilleures qu’aujourd’hui dans ces conditions, donc d’améliorer l’accompagnement des élèves par ce biais.

– l’obtention du futur diplôme se fera par validation des acquis d’expérience : mais de quels acquis parle-t-on, pour quelqu’un qui aura du se débrouiller seul sur le terrain pendant 6 ans, sans réel référent, personne pour l’encadrer et auprès de qui apprendre un métier, ni aucun retour sur sa pratique ? Il faudrait plutôt parler de diplôme obtenu à l’ancienneté… Par ailleurs il s’agira d’un diplôme de niveau bac, alors que de nombreux AVS ont un diplôme de niveau supérieur.

– la formation des AVS prendra-t-elle enfin en compte la diversité des handicaps ? l’AVS sera-t-il spécifiquement formé à l’autisme pour accueillir un enfant autiste, à la dyslexie pour accueillir une enfant dyslexique, etc. ?

– le salaire des futurs AVS en CDI, sera-t-il si intéressant ? Un temps complet sur la grille de catégorie C permet entre 1400 et 1500 € bruts, mais un AVS fait rarement plus de 24 heures… On risque fort de rester en-deçà des 1000 € nets par mois.

– on attend avec impatience la maquette de formation initiale des enseignants… ? Ce qui est annoncé ne doit pas se transformer en un amphi de 3 heures sur l’inclusion. De mon temps à l’IUFM, j’ai aussi eu droit à une « formation » de ce type : elle ne m’a servi à rien une fois sur le terrain. Il faudra également, au-delà de l’aspect « médical », aborder la question du travail entre AVS et instit, de l’articulation de leur action.

– quant à la formation continue, il semble décidément qu’il faille se résoudre, avec ce gouvernement (qui fait mieux que le précédent, mais c’était facile), à se former chez soi sur Internet (pour l’instant, seul l’autisme est au programme, d’ailleurs). L’auto-formation sur des plates-formes numériques semble l’alpha et l’oméga du ministère… Je rêve quant à moi d’une semaine de formation de qualité au début de l’année scolaire pour tout instit ayant un élève handicapé, avec formation spécifique au handicap de l’élève. Vu le nombre d’élèves handicapés dans nos classes, en quelques années une majorité d’instit sera formée à une majorité de handicaps. On peut rêver.

Nota : il faut vraiment visiter le site de Daniel Calin. Peu sexy au premier abord, c’est une mine d’informations et de points de vue avisés sur l’enseignement spécialisé. On lira avec intérêt la présentation commentée de la Loi de 2005, une critique de ladite Loi après 7 années d’application, un entretien portant sur l’accueil des enfants en situation de handicap.  

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Plan ambigu de sortie de la (…) Scolarisation des enfants handicapés : un plan ambigu de sortie de la précarité- Mediapart, Lucie Delaporte, 23 août 2013

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Un plan de titularisation des auxiliaires de vie scolaire (AVS), ces personnels qui accompagnent les études des élèves handicapés, a été présenté ce jeudi. Avec ce paradoxe : ce plan prévoit le recrutement de 8 000 nouveaux emplois précaires dès la rentrée.

Jean-Marc Ayrault leur avait grillé la politesse quelques heures plus tôt en annonçant un vaste plan de titularisation des auxiliaires de vie scolaire (AVS), ces personnels qui accompagnent les élèves handicapés dans leurs études. Une initiative dont se sont officiellement réjouis les trois ministres en charge du dossier puisqu’elle montre bien, selon eux, que la question est défendue au plus haut niveau de l’État. Vincent Peillon, George Pau-Langevin pour l’éducation nationale, et Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapés, ont donc détaillé ce jeudi l’ensemble des mesures de ce plan destiné à améliorer l’accueil des enfants handicapés à l’école.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2005, qui ouvre le droit pour chaque enfant en situation de handicap d’être scolarisé dans l’école de son quartier, le nombre d’enfants handicapés à l’école a pratiquement doublé (ils sont près de 210 000) – mais leur scolarisation s’est souvent faite dans des conditions extrêmement difficiles, les associations dénonçant depuis plusieurs années des parcours scolaires au rabais au sein d’une institution bien peu préparée à les recevoir. La situation des personnels d’accompagnement était l’un des problèmes – mais non le seul – soulevés depuis des années par les associations. Peu ou pas du tout formés, ces AVS pouvaient jusque là cumuler les contrats précaires pendant six ans, période au terme de laquelle l’Éducation nationale était « obligée » de les licencier.

Durant la campagne présidentielle, François Hollande s’était engagé à mettre un terme à leur précarité pour sortir, comme l’a rappelé mercredi Vincent Peillon, d’une situation « hypocrite et inacceptable. Douloureuse pour ces personnels comme pour les enfants ».

Les 28 000 AVS seront progressivement titularisés à partir de la rentrée prochaine, l’équivalent de 16 421 temps plein puisque la majorité travaille à temps partiel. Un CDI sera proposé, sur la base horaire de leur précédent CDD, à ceux qui ont atteint les six ans d’ancienneté. Selon les calculs du ministère, en 2014, environ 3 000 personnes seront dans ce cas. Puis entre 3 000 et 9 000 AVS les années suivantes. Pour professionnaliser le métier, un diplôme sera également crée d’ici la fin de l’année 2014 et ceux qui ont une expérience pourront valider leurs acquis.

Par ailleurs, le ministère, qui annonce « des moyens humains sans précédent » pour cette rentrée dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap, va recruter 8 000 contrats aidés de deux ans. Ils vont grossir les rangs des quelque 26 000 assistants d’éducation qui participent déjà à l’accompagnement de ces élèves. Eux bénéficieront de 120 heures de formation la première année, soit 60 heures de plus qu’actuellement.

Enfin, le ministère a rappelé que dans les nouvelles écoles du professorat et de l’éducation (ESPE), des formations sur le handicap feront partie du tronc commun obligatoire. Des formations qui seront « dédiées aux enjeux généraux du handicap et à la connaissance des différents troubles de l’apprentissage ».

Plutôt bien accueilli par les associations et les syndicats hier, qui saluent une promesse tenue, le plan présenté n’en reste pas moins pour la majorité d’entre elle qu’une « première étape ». Pour Christel Prado, présidente de la fédération des parents UNAPEI, «  ce sont des enfants qui seront mieux accompagnés. C’est important, mais ce n’est qu’un aspect du problème. Il y en a d’autres tout aussi urgents, selon nous, comme le nécessaire rapprochement entre les professionnels du secteur médico-social et ceux de l’éducation nationale ».

Par ailleurs, beaucoup soulignent le caractère paradoxal d’un plan de sortie de la précarité – finalement assez modeste puisqu’il ne concernera l’an prochain que 3 000 personnes à temps partiel – qui s’accompagne de l’embauche de 8 000 contrats précaires. « C’est d’autant plus étonnant que l’on sait très bien que ces contrats aidés ne sont pas la solution pour les enfants en situation de handicap. On le dit depuis des années. Du coup, ça sent quand même un peu la mesure anti-chômage », regrette la présidente de l’UNAPEI.

La solution proposée dans le rapport Komitès, rendu en juin, qui consisterait à faire embaucher les AVS par un groupement d’intérêt public, regroupant à la fois l’Etat, les collectivités locales et les associations, ce qui permettrait d’accompagner les enfants non plus uniquement à l’école mais dans les temps périscolaires, et d’embaucher les AVS sur des temps plein, n’est pas enterrée ont assuré mercredi les trois ministres. « C’est une perspective à moyen terme, a expliqué Marie-Arlette Carlotti, mais il faut voir avec les collectivités locales si elles ont les moyens. » Autant dire qu’il faudra attendre qu’elles aient déjà digéré la réforme des rythmes scolaires…

 

Professionnalisation des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS)

 

Site du Ministère de la solidarité

Discours de Marie-Arlette Carlotti, 22 août 2013

 

Marie-Arlette CARLOTTI, Ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, accompagnée de Vincent PEILLON, Ministre de l’Education Nationale et de George Pau-Langevin, Ministre déléguée en charge de la réussite éducative, a tenu le 22 août 2013 une conférence de presse afin d’annoncer les mesures de rentrée prises par le Gouvernement concernant les auxiliaires de vie scolaire (AVS).

 

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames, Messieurs,

 

Le Gouvernement maintient son effort pour faire de notre société une société plus unie et plus solidaire. Sans que cela fasse toujours la une des journaux, nous avons mis en place une fiscalité plus juste, facilité l’accès au logement, favorisé l’insertion dans l’emploi des jeunes adultes, renforcé nos politiques de solidarité, lutté contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle.

 

Tout cela, nous l’avons fait selon une méthode qui elle aussi participe à la cohésion de notre pays : cette méthode, c’est celle de la concertation et du respect des corps intermédiaires. Une méthode qui prend du temps, qui crée quelques fois des polémiques, mais qui permet de construire des choses durables.

 

Avec la professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire, nous posons une nouvelle pierre. Nous l’avons fait avec la même ambition : la solidarité, et la même démarche : le dialogue. Il y avait urgence à agir, tant du point de vue des enfants handicapés qui, pour certains, ont absolument besoin de l’accompagnement des AVS, que du point de vue de ces salariés précaires qui accomplissent un travail utile et pourtant peu reconnu jusque là.

 

Je sais l’attente qu’il y avait du côté de ces salariés à ce que l’Etat prenne ses responsabilités et leur assure un minimum de sécurité et de perspectives.

 

Je sais l’attente qu’il y avait du côté des familles quant à la scolarisation de leurs enfants dans les meilleures conditions. Ce statut d’AVS a fait longtemps l’objet de revendication, de propositions et n’avait jamais trouvé de débouché.

 

Ce sera chose faite. Nous avons pris le temps d’élaborer un dispositif solide, un dispositif pérenne, et aujourd’hui nous sommes en mesure de proposer aux 28 000 assistants d’éducation, les « AED », un contrat à durée indéterminée. Cette CDIsation se fera au fur et à mesure que les AED arriveront au terme de leur contrat (3 ans renouvelables une fois donc 6 ans) et personne ne restera sur le bord du chemin, car ceux qui arrivent aux termes des 6 ans cette année seront prolongés à la rentrée 2014.

 

La professionnalisation, c’est la reconnaissance d’une fonction, c’est aussi l’établissement d’un statut, avec une formation et un diplôme. La CDIsation sera précédée d’une « Validation des Acquis de l’Expérience » en attendant qu’une formation dédiée, c’est-à-dire 2

 

Cette formation s’inscrira dans le cadre de la fusion du diplôme d’Etat « d’Auxiliaire de Vie Sociale » (DEAVS) et du diplôme d’Etat « d’Aide Médico-Psychologique » (DEAMP) qui deviendront des spécialités au même titre que l’intervention en milieu scolaire. Il y aura donc une fusion des 3 diplômes et des spécialisations auxiliaires de vie à domicile, intervention dans un établissement, et accompagnement scolaire. Avant cette spécialisation, un tronc commun sur l’accompagnement des personnes sera dispensé à tous.

 

Ainsi, c’est à la fois un nouveau diplôme qui sera créé, sanctuarisant un nouveau « métier », avec la possibilité d’envisager des développements de carrière dans d’autres secteurs de l’accompagnement.

 

Et en arrimant la formation à un diplôme rénové du travail social, nous nous appuyons sur le maillage existant des établissements de formation en travail social : entre 250 et 300 établissements qui seront d’emblée prêts à dispenser la nouvelle formation.

 

En attendant 2015, les Assistants d’Education, « AED » pourront être professionnalisés sur la base des diplômes existants (DEAVS et DEAMP) qui présentent déjà de grandes similitudes avec les référentiels à venir. Lors de la création du nouveau diplôme, un dispositif d’équivalence sera mis en place pour régulariser la situation.

 

Nous avons également souhaité agir pour la professionnalisation des contrats aidés, 26000 postes, soit 15000 équivalents temps plein.

 

Pour les 8000 nouveaux contrats, qui seront créer pour assurer la prochaine rentrée scolaire, nous doublons les heures de formation : des 60h initialement prévues, nous passons à un module de 120 heures (60h avant la prise de poste et 60h au cours des deux ans du contrat) permettant d’acquérir l’un des domaines de compétences du nouveau diplôme, sur le même modèle que ce qui existe actuellement pour les assistantes maternelles.

 

La professionnalisation des AVS est une réforme qui se situe à l’intersection des deux priorités du gouvernement : l’emploi et la jeunesse.

 

Nous reconnaissons le travail réalisé par les AVS à sa juste valeur, en faisant de l’accompagnement des enfants en milieu scolaire un métier.

 

Nous luttons contre la précarité des accompagnants, en les formant, en leur décernant un diplôme et en leur donnant des contrats à durée indéterminée.

 

Et ce faisant, nous offrons aux enfants handicapés un accompagnement de plus grande qualité. Nous traitons les carences quantitatives avec la création inédite de 9500 postes d’AVS (1500 en urgence lors de la rentrée 2012, 8000 pour assurer la rentrée qui vient) entre 2012 et 2013, et nous portons une exigence qualitative à travers la formation et la pérennisation des postes. Le Gouvernement montre ainsi sa détermination à donner à tous les enfants les moyens de leur émancipation. Aux enfants handicapés comme aux enfants valides. Il réaffirme le rôle fondamental de l’école ordinaire dans l’intégration des enfants en situation de handicap. L’école ordinaire comme étape ordinaire de la vie de chaque enfant.

 

Il ne s’agit pas de nier la singularité des enfants, au contraire. Nous leur accordons toute l’attention qu’ils méritent, nous partons de leur différence pour leur offrir la possibilité de vivre l’expérience de l’école en commun avec tous les autres enfants. Et à tous, nous envoyons ce message : « l’altérité est constitutive de notre société. N’ayez pas peur, regardez ce que chacun à de ressemblant et de différent avec vous, et apprenez. L’école sert aussi à cela. »

 

Contre la précarité des uns et l’exclusion des autres, le Gouvernement construit un système vertueux où la professionnalisation des accompagnants sert l’intégration scolaire des enfants handicapés. C’est cela la solidarité, c’est cela la cohésion. Aider ceux qui en ont besoin et reconnaître que cette aide n’est pas un fardeau pour notre pays mais justement ce qui en fait la grandeur.

 

Quand dans la crise, la tentation du repli, du rejet, de l’égoïsme se fait sentir, il est nécessaire de rappeler ce qui fonde notre République, et qui a permis à la France de devenir une nation prospère et respectée dans le monde. Il est nécessaire de redire notre attachement à la liberté, à l’égalité et ne l’oublions pas, à la fraternité.

 

Je vous remercie.

 

Consulter :

 

Site du Ministère de la solidarité

Comment le sexe peut permettre de surmonter un handicap

atlantico frComment se « relève-t-on » d’un accident qui vous fait chuter d’un peuplier à l’âge de quinze ans et vous condamne à passer le restant de vos jours sur une chaise ? Extrait de « Chacun porte en soi une force insoupçonnée » (1/2).

Avec Nicolas de Tonnac

Nicolas de Tonnac est psychiatre de liaison à l’hôpital de Genève. Il est paraplégique depuis l’âge de 15 ans.

Je jouissais à Beau-Séjour du statut de benjamin et de chouchou. Il y avait à mon égard une attitude enveloppante de la part du personnel soignant. Je pouvais réclamer des bisous aux infirmières qui me les accordaient sans y voir d’équivoque et j’en abusais. La relation à la femme se poursuivait par le biais de l’attention très maternante dont j’étais l’objet.

Certaines de ces infirmières m’excitaient plus que d’autres et je redoublais d’efforts pour les attirer vers moi sous un prétexte ou un autre. Par chance pour moi, l’hôpital était un monde très féminin. Pendant la première période de mon hospitalisation, j’avais pu compter sur les soins d’une kiné particulièrement ravissante – elle ressemblait à Romy Schneider. Elle venait régulièrement mobiliser mes jambes pour éviter les ankyloses et se montrait toujours affectueuse. J’étais éperdument amoureux. Elle était châtain clair, avec une peau de pêche irrésistible, des yeux bleus. Comment dans ces conditions imaginer me plaindre de mon sort ? Cette ravissante créature fut remplacée par une grande femme rousse, pleine de taches de rousseur et aussi rude que la précédente était attentionnée et gracieuse dans ses gestes. Quand elle me disait : « Mein Schatz ! » (« Mon trésor ! »), j’étais terrorisé à l’idée qu’elle n’en profite pour me donner un baiser, ne la trouvant pas du tout à mon goût.

L’art de séduire pouvait ainsi se retourner contre soi ! Bien que rien de ces marques d’attention n’excédât le cadre de l’affection et du soin, elles étaient pour moi le prétexte à fantasmer à partir de toutes ces situations de proximité en attendant le jour où je pourrais passer aux choses sérieuses. Les choses sérieuses paraissaient cependant reportées à des échéances lointaines, peut-être aux calendes grecques, ces situations d’excitation ne s’accompagnant pas dans mon corps des manifestations qui sont l’expression habituelle du désir. Les érections chez un paraplégique sont réflexes et n’ont rien à voir avec le désir. Cela peut occasionner d’ailleurs des situations de soins cocasses. L’infirmière qui entreprenait de faire notre toilette pouvait provoquer malencontreusement une érection réflexe si elle en venait à stimuler la verge. Réaction qui pouvait bien entendu prêter à équivoque, surtout si la soignante n’avait pas été informée. Si elle ne parvenait pas à aseptiser l’histoire, voilà qu’elle se trouvait fort embarrassée – situation qui n’était pas plus confortable pour le soigné.

Pour autant, si l’épisode du premier baiser que j’ai rapporté ne s’était pas accompagné des manifestations adéquates, j’avais ressenti quelque chose de très intense. Le feu était monté aussitôt à mes tempes et l’incendie s’était déclaré. Impossible pourtant de nier le fait qu’il y avait désormais chez moi une séparation de l’Église et de l’État avec laquelle il faudrait composer. La situation était d’autant plus angoissante qu’avant de pouvoir accepter ce handicap au sein du handicap, il m’était impossible d’en parler à une fille. Il y a dans toute idée d’une défaillance profonde la crainte de ne pas être considéré comme un homme et d’être rejeté. Mais dans ce temps de ma rééducation, n’étant pas au fait du caractère définitif de la lésion, la sexualité pouvait sans trop de frustration passer au second plan, c’est?à-dire derrière la nécessité d’entretenir avec la gent féminine des relations affectives, d’être aimé et d’être amoureux. Je ne me sentais pas du tout handicapé sur ce plan. Ce sentiment amoureux tous azimuts constituait même un puissant moteur m’obligeant à affronter une réalité que j’aurais été enclin sinon à éluder. Éloquentes manifestations de la pulsion de vie.

C’est très évidemment ce qui m’a empêché de sombrer dans le désespoir et d’endosser un devenir végétatif. La relation homme-femme se donne toujours pour perspective inconsciente la procréation. Il s’agit d’un conflit en nous qui ne dit pas son nom entre nos ambivalences à propos de notre future et éventuelle progéniture et cette force qui

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Ces animaux qui nous font du bien

Au féminin

Nos amies les bêtes

Pour qui, par qui 

Cette forme de thérapie s’adresse à des personnes fragiles (adultes déprimés, jeunes enfants, personnes handicapées ou âgées), et donc nécessite un encadrement pointu. Les animaux reçoivent donc une éducation spécifique et sont toujours accompagnés d’un intervenant formé.

Pourquoi c’est bon
Les premières études dans les années 1980 ont montré que, d’une manière générale, être simplement en contact avec un animal était bénéfique pour la santé aussi bien physique que mentale :
> Il procure estime de soi en comblant une part de nos besoins psychologiques et émotionnels,
> en agissant sur le stress et en calmant l’anxiété, la pression artérielle diminue,
> posséder un animal permet de réduire les risque d’asthme, de rhinite et d’allergie,
> véritable catalyseur, il soulage les personnes atteintes de dépression,
> l’animal favorise la circulation de l’affection dans une famille et libère la communication,
> le promener peut sortir de l’isolement,
> il stimule la mobilité et la concentration.

Le parfait médiateur : le chien
Parmi les animaux dits « thérapeutiques », c’est le chien qui remporte la mise.
Au nombre de ses qualités, on cite sa nature obéissante, sa fidélité, sa sensibilité, sa capacité d’apprentissage et la sympathie qu’il dégage (encore mieux qu’un mari aurait-on presque envie de dire !).
Véritable antidote à la solitude, à l’anxiété et aux tensions, le chien peut être d’une aide thérapeutique précieuse en produisant des réactions psycho-affectives positives.

Santé: ce que vous ne saviez pas forcément sur le chant

CHANTER – La pratique du chant va-t-elle un jour remplacer le yoga ? Les scientifiques sont de plus en plus nombreux à mettre en avant les bénéfices du chant sur notre santé et les études s’accumulent sur le sujet. Comme la méditation, le chant pourrait ainsi réduire notre stress et donner un coup de pouce à notre bien-être.

Récemment, une enquête a même signalé que c’était peut être la solutions pour réduire les ronflements chroniques. En effet, seulement 20 minutes par jour de vocalises ont des effets non négligeables chez les personnes souffrant de troubles du sommeil: ronflements et apnée du sommeil.

L’avancée de la science nous permet de démystifier la mystérieuse question du chant. Saviez-vous par exemple que les gènes pouvaient expliquer chez certains une passion pour le chant ? Ou encore que certains auteurs ont basé leur thérapie à partir de cet art ?

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Pour une meilleure prise en charge de la « pire des maladies »

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La schizophrénie passe pour « la pire des maladies affectant l’humanité » affirme dans un éditorial un psychiatre exerçant en Australie. Cette considération désabusée tient notamment à la conjonction de symptômes dits « positifs » (délires, hallucinations) et de symptômes « négatifs » (apragmatisme, aboulie, athymhormie, anhédonie) ; ces derniers étant « souvent résistants à tous les traitements neuroleptiques » (actuellement disponibles). Une voie de recherche encourageante consiste cependant dans l’essor attendu des traitements non pharmacologiques. Ces derniers sont encore sous-utilisés (même dans les pays anglo-saxons où les thérapies cognitivo-comportementalistes sont pourtant plus prisées qu’en France) puisque « plus de 90 % des schizophrènes reçoivent des neuroleptiques », mais que « seulement un tiers d’entre eux ont accès à une forme quelconque de réhabilitation sociale. » Il est donc nécessaire de renforcer, à l’évidence, l’approche psychosociale dans la prise en charge de cette psychose.

L’auteur rappelle à ce propos un constat allant « à l’encontre de l’intuition » selon laquelle le spectre du dysfonctionnement familial aggraverait la psychose : « les patients psychotiques vont mieux s’ils ne sont pas exclus de leur propre famille. »

Un autre aspect mérite d’être souligné : l’intérêt thérapeutique du maintien dans le monde du travail : « contrairement à l’opinion courante, le souhait formulé avec force par la plupart des personnes affectées par une psychose, c’est de retrouver « la capacité de travailler à nouveau. » Pourtant, la plupart des intéressés demeurent sans activité professionnelle.

Il existe donc clairement des progrès importants à faire en matière de réhabilitation professionnelle des malades mentaux en général, et des schizophrènes en particulier. Cette remise au travail se heurte en effet à des difficultés à la fois générales (dégradation structurelle de l’emploi, disparition des métiers peu qualifiés) et qui concernent plus spécifiquement les personnes souffrant d’une psychose, car l’impact de la schizophrénie sur l’efficience cognitive est souvent préjudiciable. Il serait donc nécessaire de pouvoir endiguer ce versant déficitaire de la maladie, en développant une meilleure réhabilitation cognitive.

 

 

Dr Alain Cohen

 

Henderson S.: The worst disease. Australian & New Zealand Journal of Psychiatry 2013 ; 47 (6) : 499–500.