Que deviennent les « élèves difficiles

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Bien que les (mauvaises) relations des élèves avec leurs enseignants soient classiquement considérées, à tout âge, comme des facteurs de risque de troubles ultérieurs du comportement ou d’ordre psychosocial, peu de recherches ont été consacrées à ce thème.

Portant sur près de 4 000 élèves du primaire (pour lesquels 2,5 % des parents ont mentionné des « relations problématiques » de leurs enfants avec des enseignants), et sur un nombre voisin d’élèves du secondaire (pour lesquels ce taux de relations conflictuelles passe à 6,6 %), une étude britannique vient combler cette lacune. Âgés de 5 à 16 ans, ces jeunes ont été suivis pendant 3 ans. Même après avoir écarté les participants souffrant préalablement de troubles psychiatriques, les auteurs constatent une incidence significative des relations difficiles entre les élèves et leurs enseignants sur le niveau des troubles psychopathologiques observés chez ces jeunes, 3 années plus tard. En considérant l’ensemble des diagnostics psychiatriques, ces troubles sont en effet près de 2 fois plus fréquents (Odds Ratio = 1, 93 ;  intervalle de confiance à 95 % [1,07–3,51]), et même 3 fois plus nombreux quand il s’agit des seuls troubles du comportement (Odds Ratio = 3, 00 ; intervalle de confiance = 95% [1 ,37–6,58]).

Cette étude confirme ainsi que des relations conflictuelles avec les enseignants dans l’enfance ou l’adolescence prédisposent à des troubles psychopathologiques dans l’avenir. On peut imaginer que d’autres études longitudinales (réalisées sur des durées plus importantes) viendront confirmer que cette mésentente dès l’école constitue un indicateur initial de difficultés prochaines en matière de socialisation et de stabilité psychique, vraisemblablement car elle révèle certains problèmes déjà présents de façon précoce : mauvaise gestion des émotions, non respect d’un cadre, intolérance aux frustrations… Pour les auteurs, cette étude « souligne la nécessité de soutenir les enseignants » et incite ces professionnels à développer au maximum, dans l’intérêt présent et futur de leurs élèves, des « relations apaisées » (positive relationships) avec eux.

Dr Alain Cohen

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