A l’hôpital de Mont-saint-martin: une chambre deux suicides en sept jours

Republicain Lorrain

Eric Bargellini et un autre patient, 46 ans tous les deux, se sont suicidés à une semaine d’intervalle dans la même chambre, à l’hôpital psychiatrique de Mont-Saint-Martin. Le parquet de Briey a ouvert une enquête.

Claude Bargellini, le père d’une victime : Je l’ai mis là pour qu’on me le guérisse. Je le pensais en sécurité et on m’a appelé pour m’annoncer qu’il était mort. Maintenant, je suis seule avec mes deux filles de 12 et 16 ans, et un vide qui ne se comblera jamais. » Le mari d’Isabelle, Eric Bargellini, 46 ans, s’est donné la mort le lundi 27 mai, dans sa chambre de l’hôpital psychiatrique de Mont-Saint-Martin. Il s’est pendu avec ses draps, juste après l’heure du repas, et deux jours seulement après son admission. « Il avait fait une première crise le vendredi soir, mais les médecins n’avaient accepté de l’hospitaliser, sur sa demande et celle de son épouse, que le samedi soir » , témoigne Claude, le père du défunt. Après vingt-trois ans dans la même entreprise, Eric avait brutalement appris son licenciement en février dernier. Une annonce qu’il n’a pas supportée et qui l’a entraîné dans une profonde dépression. « Ses idées noires et ses crises sont apparues après le début de son traitement qui n’a cessé de changer ces dernières semaines. Je suis convaincue que les médicaments ont aggravé le cas de mon mari » , déclare Isabelle.

« Je ne ferais rien différemment »

Le choc du drame passé, l’heure est désormais aux interrogations pour l’ensemble des proches. « Il a affirmé à plusieurs reprises qu’il allait mettre fin à ses jours. L’équipe médicale a-t-elle vraiment tout fait pour éviter une chose pareille ? » , se demande Claude. « A-t-il été assez surveillé ? Des dysfonctionnements se sont-ils produits ? » Des doutes entretenus par une terrible coïncidence : la semaine précédente, le lundi 20 mai, dans la même chambre, un autre patient, 46 ans également, se donnait la mort en s’étranglant avec un lacet.

Deux suicides, à sept jours d’intervalle, qui ont laissé l’équipe médicale sous le choc. « Jusque-là, nous n’avions eu qu’un seul cas de suicide en quinze ans » , précise Stéphane Keller, médecin chef du service de pyschiatrie, et qui avait vu les deux patients. « Même si nous réfléchissons en permanence aux moyens d’améliorer notre façon de travailler, il est presque impossible de prévoir le suicide de quelqu’un à court terme » , poursuit-il. « Je comprends la douleur et les interrogations légitimes des familles. Mais, avec toute mon équipe, nous avons débriefé tout ce qui s’était passé, minute par minute, concernant ces deux accidents. Et très sincèrement, je pense que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Si les deux situations se présentaient à nouveau, je ne ferais rien différemment » , confesse le psychiatre.

Le parquet de Briey a décidé d’ouvrir une enquête. « Elle sera longue, car nous devons interroger et voir beaucoup de monde » , précise la substitut de la procureure, Amélie Khil. Quant à la famille d’Eric Bargellini, elle déposera très certainement plainte dans les prochains jours, « contre l’hôpital et les médecins du service ».

François PRADAYROL

Lien direct vers le journal « Le Républicain Lorrain ».

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