Comment vivre avec des troubles bipolaires ? – Allô docteurs – Santé – France5

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Pr Philippe Fossati, psychiatre à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris

Dossier :Nos humeurs varient en fonction des événements. Mais quand les émotions deviennent trop intenses, qu’elles génèrent des réactions incontrôlables, des excès de toutes sortes et que cela dure longtemps, on parle alors de maladies de l’humeur. Parmi elles, les troubles bipolaires concernent 1 à 2 % des Français.

Ces troubles sont appelées bipolaires parce qu’ils présentent une phase maniaque et une phase dépressive, d’où leur ancien nom de maladie maniaco-dépressive. Pendant la phase dite maniaque, la personne vit une période d’exaltation, elle est euphorique, trop optimiste, impulsive et agitée. Elle prend aussi des risques inconsidérés. Puis, brutalement, plus rien ne va, l’euphorie laisse la place à la tristesse, à la fatigue, à un sentiment d’inutilité, c’est la phase dépressive.

Malgré des signes qui semblent évidents, huit années s’écoulent en moyenne avant que le diagnostic ne soit posé. Car il y a différents types de troubles bipolaires, certains signes peuvent être trompeurs, l’intensité et la durée des deux phases peuvent varier. Pour certains, il suffit d’une journée pour passer d’un état à l’autre, pour d’autres, les phases maniaques peuvent passer inaperçues.

Les premiers signes de la maladie apparaissent le plus souvent avant l’âge de 18 ans. Certains facteurs psychologiques peuvent la déclencher. Mais les causes sont multiples : se mêlent l’histoire du patient, l’environnement et même un terrain génétique. Le risque de présenter un trouble bipolaire est multiplié par dix quand un parent au premier degré en est atteint. Plus la maladie est diagnostiquée tôt, plus le traitement sera efficace.

Il s’agit d’une maladie que l’on peut stabiliser, mais l’observance du traitement médicamenteux est indispensable pour traiter les phases aiguës de la maladie et prévenir les rechutes. Il faut savoir en effet que 10 à 15 % des personnes non traitées se suicident.

Le traitement le plus prescrit est le lithium : il fait partie des thymorégulateurs, ce sont des médicaments qui régulent l’humeur. Il parvient à amoindrir autant les phases maniaques que les phases dépressives.

Parmi les autres traitements, il y a la sismothérapie que l’on connaît aussi sous le nom d’électrochocs. Cela consiste à envoyer un faible courant électrique dans le cerveau. Cette technique est utilisée dans le traitement de la dépression et des états maniaques aigus et délirants. Au-delà de ces traitements, il est important d’apporter au patient et à son entourage un soutien psychologique. En associant une psychothérapie, on aboutit à de meilleurs résultats.

Depuis une dizaine d’années, une nouvelle stratégie thérapeutique se développe pour accompagner les personnes bipolaires. Déjà utilisée depuis longtemps pour d’autres maladies chroniques comme le diabète ou l’asthme, elle commence à faire son entrée en psychiatrie : ce sont les séances psycho-éducatives. Le principe est simple : plus le patient bipolaire comprend sa maladie, mieux il apprendra à la gérer et surtout à accepter son traitement.

C’est au cours de la phase dépressive que la personne acceptera d’aller consulter. Sachez que 85 % des patients répondent correctement aux traitements.

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