Vivre (mal) avec une psychose

ACTUALITE MEDICALE

Vivre (mal) avec une psychose

Pour l’éditorialiste commentant la seconde enquête épidémiologique “Australian survey of psychosis” [1] sur l’existence marquée par une psychose et la comparant à la première, conduite une douzaine d’années auparavant, cette étude apporte à la fois de « bonnes » et de « mauvaises » nouvelles.

Du côté des bonnes nouvelles, on remarque la décroissance de la proportion des sujets souffrant de « troubles chroniques avec détérioration au fil du temps » : 24 % en 1997, contre 11 % en 2010. Une évolution favorable apparaît aussi dans le profil de la maladie puisque, si près d’un tiers des sujets connaissent des épisodes multiples avec rémission partielle entre ces phases aiguës, la fréquence de ces périodes de rémission augmente : 21 % en 1997, contre 29 % en 2010. Mais cependant, d’autres observations restent préoccupantes : en treize ans, la consommation de drogues n’a pas faibli, ni celle d’alcool ou de tabac. Ainsi, en 2010 comme en 1997, les deux tiers des psychotiques conservent une addiction au tabac (contre 25 % de la population générale d’Australie) et ils fument en moyenne 21 cigarettes par jour, le tabac constituant un « important facteur délétère pour leur santé physique » : 30 % des intéressés souffrent d’asthme et 18 % d’autres affections respiratoires. Autre effet nocif du tabagisme, son incidence fâcheuse en matière socioéconomique : la plupart des participants à l’étude ayant déjà « un revenu inférieure à la moyenne » (en raison du retentissement de la maladie sur la vie professionnelle, voire sur tout accès au monde du travail, même en milieu protégé), l’addiction au tabac « réduit encore les fonds disponibles pour les nécessités » de l’existence (habillement, transports…). On constate d’ailleurs –illustration tragique de la marginalité liée à la maladie mentale– que « plus du quart des patients (28 %) ont manqué de nourriture » durant l’année précédant l’enquête.

Autre changement significatif entre les deux études : la part des antipsychotiques de seconde génération (relativement aux neuroleptiques typiques) a doublé (passant de 37 % à 78 %), bien que « la controverse sur la supériorité (de l’une ou l’autre classe de neuroleptiques) demeure non résolue. »

[1] Enquête réalisée en Australie sur 1825 patients psychotiques en 2010 :

http://www.health.gov.au/internet/main/publishing.nsf/content/mental-pubs-p-psych10

Dr Alain Cohen

Galletly C : People living with psychosis: the good news and the bad news. Australian & New Zealand Journal of Psychiatry

2012; 46: 803–807.

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